Péril touristique

Les Indiens se sont mis à voyager en grand nombre. D’ici quelques années, on prévoit 70 millions de touristes indiens.

Le tourisme fait, déjà, des ravages. Il fait fuir les habitants de certaines villes ou villages. Venise expérimenterait un droit d’entrée.

La transition climatique, apparemment, n’est pas pour demain. L’avion a de très beaux jours devant lui. Et nos écologistes feraient bien de voyager pour comprendre les réalités du monde, et l’inanité du changement qu’ils nous proposent.

(The tourist trap, de BBC 4.)

Pourquoi rester en France

Une Américaine faisait à la France les critiques habituelles. Pourtant, disait-elle, elle n’avait pas envie de revenir aux USA.

Un des propres du Français est de se critiquer ! En cela, les étrangers sont immédiatement assimilés.

La question qui mériterait d’être posée est : pourquoi restons-nous en France ?

C’est une question que l’on trouve chez Chateaubriand, curieusement. Lorsqu’il revient d’immigration il est asphyxié par l’agressivité qu’il rencontre. Mais, en même temps, il s’adapte. Et se rend compte qu’il ne pourrait pas vivre ailleurs.

J’ai eu l’occasion de partir aux USA dans des conditions idéales, pourquoi ai-je préféré une vie de précarité ? Parce que la société américaine est « simpliste », c’est, paradoxalement, l’agressivité française, la complexité de nos relations humaines qui donnent du piment à ma vie. Au moins, ce que l’on a réussi, nous Français, est que notre pays suscite des sentiments extrêmement forts. Il ne laisse pas indifférent.

Je n’ai certainement pas épuisé le problème. En tous cas, on a peut-être là la clé du changement en France : pourquoi, diantre, ne pouvons-nous pas nous passer de notre pays et de notre culture ?

Il jura, mais un peu tard…

Questions de campagne : pourquoi la dégradation de l’accès aux services publics nourrit-elle le vote pour le RN ?

Fermeture de bureaux de poste, de centres des impôts, de services de maternité, d’urgences, de tribunaux, de commissariats, suppression de classes, de petites lignes de train… la restructuration des services publics est vécue comme un déclassement par la population.

Le Monde du 18 juin

Elections législatives : Gabriel Attal annonce une série de mesures en faveur du pouvoir d’achat
Prix de l’électricité, fournitures scolaires, mutuelle à « 1 euro par jour »… Le premier ministre, qui conduit la campagne de la majorité sortante, a dévoilé ces mesures samedi soir dans la presse quotidienne régionale.

Le Monde du 16 juin

Miracle ? La dissolution aurait-elle fait prendre, soudainement, au gouvernement conscience de l’état du pays ?

Une fois de plus, il a une guerre de retard ? Ailleurs, on l’a découvert avec M.Trump et le Brexit. Les Gilets jaunes n’auraient-il pas dû l’alerter ? (Il aurait pu aussi lire ce blog : un très ancien billet concernant la contraction de la classe moyenne en est un « best seller ».)

Un leader de notre temps

Le « leader » moderne a un profil particulier, ai-je noté. En quelque-sorte, il n’est que « volonté de puissance ».

Le plus surprenant est la pauvreté de sa pensée. Ses idées sont étrangement simplistes. Rien à voir avec la complexité chère à Edgar Morin. Généralement, il choisit les sujets « à la mode ». L’entreprise à impact, l’IA générative, etc. Ou encore, comme le disait The Economist il y a quelques années, il considère « qu’il y a les cabinets de conseil pour cela », ce qui revient au même. Ou il achète des sociétés. Cela, c’est inusable.

Au fond, ceci est le portrait de notre président.

Les mêmes causes, les mêmes effets ? La sélection produit la « volonté de puissance » ?

Madame Claude

Autres temps, autres moeurs ?

Les maisons closes étaient le salon où se rencontrait le meilleur monde. Apparemment, elles auraient été longtemps fréquentées par nos présidents, et « l’élite » d’après guerre. En ce qui concerne celle de Madame Claude, elle semble avoir été une agence matrimoniale. Le vieil homme blasé y rencontrait la jeune arriviste.

(Une rediffusion de France culture.)

Coulisses

Ce qui a précédé la dissolution… Une vidéo du Monde.

Apparemment, une décision mûrement réfléchie. Le président était froissé de devoir faire face à une opposition, et craignait pour la fin de son quinquennat. Apparemment aussi, il a le pouvoir solitaire, et il aime les actes d’éclat. Il est conseillé par un petit cercle. Un petit cercle qui semble penser qu’une élection est une question de communication. Donc que le FN communique bien et doit être imité.

Apparemment encore, ce petit monde avait mis au point un plan machiavélique. Provoquer une crise. Face au précipice, le peuple (de moutons ?) serait bien forcé de s’unir derrière son président.

Kafka

Au temps du communisme, Kafka était interdit dans son pays. Suppôt du capitalisme, apparemment. Mais surtout, peut-être, il en fut un étonnant précurseur.

Et ce qu’il décrit est bien plus effrayant que ce que l’on croit. Dans son monde, comme dans les pays totalitaires, ce n’est pas la police qui fait la police, mais le voisin. Il suffit au pouvoir de laisser entendre que quelqu’un n’est plus en odeur de sainteté, pour qu’il ne puisse plus rien faire. Il ne peut pas se révolter : il n’a aucune preuve d’une condamnation.

Pire encore ? Kafka n’a pas été prescient, son modèle était la famille ! (Famille totalitaire ?)

Voilà ce que disait Milan Kundera, dans une vieille émission de France culture entendue récemment.

(Curieusement, Kafka avait demandé que l’on détruise son oeuvre. C’est la désobéissance d’un ami qui nous a valu de connaître un des chefs d’oeuvre du vingtième siècle. En a-t-on perdu beaucoup d’autres ?)

Miracle

S’intéresser au changement, c’est croire au miracle. Quel miracle pourrait changer l’issue des prochaines élections ?

Peut-être que M.Macron reconnaisse qu’il est entièrement responsable de la situation actuelle. Et qu’en dénonçant la menace que représente ses adversaires, il ne fait que s’enfoncer un peu plus. Et qu’il le dise.

Il pourrait aussi reconnaître qu’il est resté muré dans ses certitudes et que sa vocation est peut-être plus d’être le leader d’une nation unie, que de lui imposer, contre sa volonté, des programmes dont le temps est passé.

Jordan Bardella

Honte à moi. Paresse intellectuelle. Jusqu’ici Jordan Bardella n’était qu’un mot qui passait de temps à autres dans la presse. Pas besoin de s’en préoccuper avant les prochaines présidentielles. Et d’ici là…

J’ai essayé de me renseigner. Service minimum. J’ai lu Wikipedia et écouté la BBC, qui lui consacrait un « profile ».

Qu’en ressort-il ? Absolument rien à lui reprocher. Impeccable. Il n’est même pas atteint par l’antisémitisme de gauche, dirait un mauvais esprit. L’histoire que l’on entend est que Mme Le Pen l’a choisi pour changer l’image de son parti. Et elle a réussi. Peut-on le lui reprocher ? C’est ce que tout le monde fait. Cela s’appelle le marketing.

Là où l’on pourrait soupçonner de la désinformation concerne son passé : on entend dire qu’il appartiendrait à une famille immigrée de Saint-Denis, qui, comme chacun sait, serait un lieu de non-droit. En fait, il est, comme beaucoup, de « troisième génération ». C’est surtout le fils d’un entrepreneur à l’aise, apparemment. Il a obtenu la mention très bien au bac, et a été collé à Science po. Il a très tôt milité, et, probablement pour cette raison, vite abandonné des études supérieures. Autrement dit, c’est un profil Sarkozy. De Saint-Denis, et en moins agité.

Ce que disait la BBC, et ce dont je n’étais pas conscient, car ça n’apparaît pas dans la presse que je lis ou dans le discours des politiques ordinaires, c’est qu’une grosse partie de la population est touchée par la hausse des prix. Se trouverait-on dans la situation américaine ? Une économie qui semble aller bien, mais qui continue à ne pas profiter à beaucoup de citoyens ? Une de mes récentes interviewées me disait que le prix moyen d’achat d’un article textile était de 14,5€ et que tant que le niveau de vie ne remonterait pas, il n’y en aurait que pour la « fast fashion » chinoise. (Paradoxalement les normes environnementales sont tellement lourdes qu’elles ont l’effet inverse de celui désiré : elles coulent les petits producteurs français.)

A cela s’ajoute une autre de mes découvertes récentes. On me parle d’une administration devenue kafkaïenne. Elle rend fou, au moins, les entrepreneurs et ceux qui veulent les aider. Sa complexité se prêterait à une forme de détournement de fonds publics. Cela tiendrait à ce qu’il y aurait eu une vague de « centralisation », me dit-on. De quoi s’agit-il ? Un train de réformes dont on n’aurait pas conscience ? D’où la frustration de M.Macron, qui ne parvient pas à faire passer ce qu’il croit bon, mais qui serait vécu comme un cauchemar par une partie de la nation ?

En tous cas, un journaliste qui a fait le tour des QG de campagne lors des précédentes présidentielles, pour le compte de la ruralité, m’a dit avoir été extrêmement impressionné par la pertinence de l’analyse du FN. Il était le seul à connaître la réalité de ce que sont devenus les territoires ruraux. Ce qui l’inquiétait, visiblement.

La BBC expliquait que M.Macron avait fait le calcul qu’au premier tour l’électeur exprimerait son mécontentement, mais qu’au second la peur du FN le ferait se ressaisir. Scénario Trump. D’un côté le FN « diabolisé » fait trembler, de l’autre il paraît à un électeur qui n’en finit pas de subir de mauvaises nouvelles la seule alternative à la surdité des politiciens ? Comme M.Macron un temps ?

Drôle de mine

Il n’y a pas que le numérique ! Au Canada, les mines peuvent aussi faire des bulles.

A-t-on l’équivalent chez nous ? On trouve dans les programmes de la BBC des enquêtes passionnantes. Un journaliste de l’Empire a consacré 25 ans de sa vie à étudier tel ou tel scandale ou crime crapuleux. Et il présente ses travaux sous la forme d’un feuilleton, dont les effets sont soigneusement calculés. Riveting, comme on dit en anglais.

Dernier en date : The $6 Billion Gold scam. A la fin des années 90, des prospecteurs disent avoir découvert la mine d’or du siècle aux Philippines. Un géologue hollandais, au bout du rouleau, et une compagnie canadienne famélique leur emboîtent la pas. On trouve de plus en plus d’or. Le cours de l’action de ladite société s’envole. En fait, c’était, très probablement, un coup monté par des géologues philippins. Une révolte de l’exploité ? L’organisateur s’est évanoui dans la nature, en faisant croire à sa mort. Personne n’a été condamné. Le petit porteur qui se pensait millionnaire s’est retrouvé gros Jean comme devant.

Eternelle recette de l’escroquerie ? Un des sous-produits du capitalisme ?