Grande déception

L’a-t-on oublié ? Il est étonnant le nombre de personnalités (estimables) qui se sont ralliées à M.Macron, au temps de sa jeunesse.

Et cela de la droite bien à droite au parti communiste. Lui-même était un ministre de gauche.

Tous ces gens s’étaient-ils ralliés à ses idées ou au potentiel de changement qu’il représentait ?

Or, il s’est révélé qu’il était incapable de réaliser ce potentiel, car il était incapable de changer ?

Mais n’a-t-il pas raison, aussi ? Son échec nous met en face de nos responsabilités : la France n’est qu’intérêts particuliers, elle n’a jamais été une nation ?

Esprit et matière

J’ai toujours tort, c’est la devise de ce blog. Rien n’est plus juste. Je n’ai fait que des erreurs. Et mon enfance a été un lavage de cerveau en règle.

Le pire est qu’il n’est pas possible de savoir ce qui est faux. C’est quelque chose qui m’est consubstantiel. Je constate régulièrement que je « suis » faux. Je le découvre lorsque j’émets une idée et que l’on me répond « nan ». Je dois comprendre ce qui ne va pas. Il faut à nouveau que je me transforme. Mais comment ? Et j’ai le sentiment d’avoir dépassé mes capacités au changement.

Fatalité ? Histoire de tout être humain ? Le rôle de la société est d’inventer sans cesse de nouvelles illusions et celui de l’homme de chercher à s’en dégager (en en générant de nouvelles ?). Polémos à la manière d’Héraclite ? Changement comme affrontement entre opposés ?

Présidentielles

Je lisais que M.Attal disait que l’on en était revenu à la 3ème République. Désormais, on élit un premier ministre.

Peu rassurant : la 3ème République fut la période de l’instabilité. La France fut risible. A moins que ce soit une façon élégante de faire oublier son triste sire de président ?

Il est aussi dit que les programmes extrêmes pourraient provoquer un chaos financier. Ce qui semble d’autant plus vraisemblable que l’économie du pays est une bombe à retardement. (Il est étonnant qu’autant de monde veuille le diriger, d’ailleurs. Le politique est un optimiste increvable ?)

Un scénario d’avenir pourrait donc être une nouvelle présidentielle. Dans ces conditions un enjeu de cette élection pourrait-il être de faire la meilleure impression possible, afin de gagner la prochaine ?

L’art de la vérité

Dans La belle noiseuse, de Jacques Rivette, il est dit, si mes souvenirs sont bons, que l’art révèle la réalité de l’individu.

Fus-je photographié par des artistes ? En tous cas, il me semble que la photo reflétait plus les a priori du photographe que ce que je pensais être. En particulier, mes parents aimaient me trouver « tellement gentil » (mais pas très malin).

C’est une théorie que l’on retrouve souvent chez le philosophe. Par exemple chez Bergson.

L’artiste est aimé de l’intellectuel. Il le voit comme le héros de la lutte contre le bourgeois matérialiste (le bourgeois ne perçoit la nature que comme moyen).

De ce fait, l’artiste n’est-il pas, lui aussi, instrumentalisé ?

(Curieusement, dans mon souvenir, les personnages de Rivette étaient extraordinairement bourgeois…)

Bérézina européenne

Politico.eu fait la chronique de ce qui se passe à Brussels. C’est assez confus. Mais il semble que Politico.eu se gausse doucement des malheurs du parti de M.Macron. La rançon de son dernier échec électoral. Or, sans peut-être que l’on s’en rende compte en France il était parvenu à s’imposer, à Bruxelles, comme une sorte de « leader » des progressistes face aux « forces des ténèbres ». Ses discours grandiloquents qui paraissent un rien ridicules aux Français, paradoxalement, plaisent aux élites étrangères.

Ou plaisaient. Car le roi est nu, désormais. Une raison de plus, pour M.Macron, de nous en vouloir ?

Comme quoi, ces élections étaient importantes. Je soupçonne que si l’on ne s’en rend pas compte, cela tient à ce que l’on ne juge pas bon de nous expliquer ce qui se joue réellement à Bruxelles. Qui a vécu par le glaive… ?

Collabo

Dans les mémoires de De Gaulle, il y a quelque-chose de curieux. Il ne parle pas des « collabos », autrement que pour dire qu’ils se sont fourvoyés. Et pourtant, il a été condamné à mort, et sa famille a été dénoncée et déportée, et a vécu un calvaire… En revanche, ce qui semble le déconcerter, c’est la tendance de ses véritables opposants, les politiques et la presse français, de s’aligner sur les positions des étrangers, quand il défend les intérêts de la France.

Ces gens ont été au pouvoir et, effectivement, la France s’est alignée sur l’étranger.

En même temps, je n’arrête pas de recevoir des mails me disant que l’Amérique est l’ennemie, et la Russie l’amie. Mais elles ne sont ni l’une ni l’autre. Elles défendent seulement leurs intérêts. Et elles le font d’une façon qui n’est pas favorable aux nôtres. C’est à nous de nous faire respecter. (Sans compter que pactiser avec M.Poutine, c’est accepter qu’il annexe à nouveau l’Europe de l’est.)

Mais qu’est-ce qui nous pousse donc à être des collabos ? De Gaulle nous a rendus un mauvais service en jugeant cette question irrespectueuse.

Dissolutions

Je ne sais rien. Au moment de la dissolution, on m’a dit qu’elle n’était pas une surprise, mais qu’on l’attendait pour septembre. Depuis, la nouvelle se confirme. Le microcosme parisien estimait que le gouvernement devrait faire face à une motion de censure. J’entendais le journaliste et homme politique Bernard Guetta (que je ne connaissais pas plus que la dissolution) dire à France culture, samedi dernier, que les conditions auraient pu être pires, pour le gouvernement, alors que maintenant.

Je ne sais rien, mais j’en doute. Car, pour qu’une motion de censure passe, il faut qu’il y ait union de la carpe et du lapin. Imaginons un instant qu’une coalition hétéroclite renverse le gouvernement, sans autre raison que de le renverser (car tous les arguments qu’elle aurait pu inventer pour cela n’auraient pas masqué ses réelles intentions). Qu’aurait pensé l’électeur ?

D’ailleurs, j’ai l’impression que ce que l’on reproche le plus à notre président, c’est d’avoir été un semeur de vent. Que se serait-il passé si, au contraire, il avait été victime d’un complot ?

Plus intelligent, mais moins glorieux ?

Pauvre politicien

Pourquoi les hommes politiques sont-ils haïs ? se demandait la BBC. (Broken politicians, broken politics.)

L’émission commençait bien. Un homme politique racontait sa tentative de suicide. Apparemment, les hommes politiques font l’objet de harcèlement.

Mais, comme souvent, la montagne accouchait d’une souris. Comment en est-on arrivé là ? Pas de réponse.

Le seul indice que j’ai pu recueillir venait de deux témoignages. Dans les deux cas, l’homme politique était entré en poste plein de détermination à changer le monde. Mais n’avait fait que susciter l’hostilité. L’un d’entre-eux voulait réduire la vitesse sur les routes à 30km/h. Le réchauffement climatique ne rend-il pas impératif ce type de mesure ?

Je me suis demandé s’il n’y avait pas là un exemple de « Macronite ». Notre société produit des gens sûrs de détenir la vérité ? Donc sourds ?

« On n’a pas besoin de lumière, quand on est conduit par le Ciel » ?

Changement systémique

Après 5 ans de travail, plus de 250 interviews, une dizaine de rapports, un livre et des dizaines d’accompagnements d’entreprises, voici la conviction de l’association des interpreneurs, à laquelle j’appartiens :

Nos gouvernants ont adopté le « modèle américain », GAFA, start-up, métropole… (un modèle dont sont revenus les USA !). Résultats décevants : dette, déficit, population se sentant déclassée…

Ils ont laissé en jachère la réalité du potentiel national : ce que notre pays a en propre. C’est tout le reste : « territoires », PME, artisanat, industrie, etc.

Or, il en faut peu pour développer ce potentiel. Paradoxalement, il ne demande pas de milliards ! Nous constatons que ce sont des obstacles « micro économiques » qui empêchent territoires et PME de libérer leur potentiel, et que l’on sait faire sauter ces blocages par des moyens simples (le montrer est tout l’intérêt des témoignages que nous avons récoltés).

Facteur clé de succès : le dirigeant a besoin d’être « poussé dans ses retranchements » par d’autres dirigeants – c’est ce qui constitue la force et l’unicité (provisoire, espérons-le) des interpreneurs, association de dirigeants « de tous horizons ».

On en était là, lorsque M.Macron a dissout l’assemblée…

Dépopulation

Dans 40 ans, la population mondiale devrait commencer à régresser. Mais peut-on croire les prévisions ? Jusqu’ici elles ont systématiquement sous-estimé la réduction des naissances et l’augmentation de la durée de vie. Et justement, le fait marquant est cette réduction des naissances, qui est générale.

Quant à l’espérance de vie, les USA seraient une exception, chez eux, elle serait en régression. « Crise de opioïdes », chez les hommes. (Y serait-on malheureux ?)

Alors que l’on nous a longtemps dit qu’il était dangereux qu’il y ait trop d’hommes, on pense maintenant que cette chute des naissances, du fait du vieillissement de la population, est une menace.

Et c’est la femme qui peut l’éviter, si on lui donne les conditions pour qu’elle ait des enfants, tout en faisant ce qu’elle a envie de faire…

(Ce que j’ai retenu d’Affaires étrangères, de France culture, samedi dernier.)