Parti fantôme

Lorsque M.Macron a pris le pouvoir il y a 7 ans, il avait calculé, dit-on, qu’il manquait un parti en France. C’était bien vu. Seulement, il lui a fait faire la politique des autres partis.

Maintenant, il semble que ce soit le FN qui cherche à occuper le vide.

Mais, quelle est la nature de ce manque ?

Et si c’était la France de la troisième république ? Celle de Clémenceau ? L’héritière de la Révolution, par des voies pacifiques ? Celle à qui de Gaulle a voulu donner de la dignité, sauver du ridicule ?

On refait le match

Cette dissolution aura eu au moins un intérêt : elle m’a fait m’intéresser à la politique.

Il est amusant de jouer les commentateurs politiques. Je comprends la joie des fans de football, vautrés dans leur canapé.

Observations ?

  • J’ai toujours tort. J’ai cru les sondages. Lorsque je regardais les résultats de ma circonscription, il me semblait que le candidat de gauche allait gagner haut la main (le candidat présidentiel, ancien député, arrivé 3ème s’étant désisté), ce qui me laissait croire qu’il en serait de même partout, mais on me disait que « selon des rumeurs », ce pourrait être le contraire. J’avais fini par croire que je devais être, contrairement à ce que je pensais, dans une banlieue bobo.
  • De l’importance du mode d’élection. Dans le système anglais « first past the post » (en un tour), le FN serait largement majoritaire (près de 300 députés). D’ailleurs, il a obtenu, aux deux tours, autant de voix que les travaillistes en Angleterre, dont la victoire est « historique ». Or, il a moins de députés que le Front Populaire, qui a moins de voix que lui.
  • La France est unique en ce qu’elle dit à un tiers de sa population qu’elle est l’incarnation du mal. Ailleurs, on peut employer le mot « immigration » sans être condamné à l’indignité nationale. Par exemple tout le personnel politique britannique l’utilise.
  • Le niveau d’impréparation du FN était stupéfiant. Dans ma commune sa représentante n’avait même pas droit à une photo. On me demandait de voter pour Mme Le Pen et M.Bardella. Et, il n’avait visiblement pas de ministre sérieux à aligner.
  • Il se pose la question de la signification du politique. Ma ville, qui vote d’ordinaire massivement centre droit, a, cette fois-ci, voté assez massivement à gauche, pour un candidat appuyé par la tendance dont elle ne veut pas pour sa mairie.
  • Pour le reste, il se pose la question de la cohabitation, ainsi que je l’écrivais récemment.
  • J’entendais la BBC dire que la cohabitation serait douloureuse et que nous devrions voter de nouveau dans un an. Nos politiques ont-ils un an pour nous faire bonne impression, s’ils veulent avoir un avenir ?

M.Macron aurait-il réussi à mettre une classe politique irresponsable depuis qu’elle existe (un siècle et demi) en face de ses responsabilités ?

Ce blog répète « rien ne va plus ». Mais cela semble encore plus le cas que d’habitude. Possibilité à la fois de paralysie et d’un changement brutal, le monde politique n’étant plus structuré par rien ?

Mérite présidentiel

Comment se moquer des difficultés du chancelier allemand, des élus conservateurs qui commentent un délit d’initié pour parier sur la date des élections anglaises, ou de la sénilité du président américain, quand on est Français ?

Fini de rire. Notre président philosophe nous a mis en face des vanités de la vie. C’est un rappel bien plus efficace qu’un tableau de la renaissance.

Jour de gloire

Depuis que M.Macron a dissout l’assemblée, je me demande comment va se passer son défilé du 14 juillet.

Il y a quelques années, j’ai été invité à assister à un défilé du haut d’un toit des Champs Elysées. Rien de bien extraordinaire, la France n’est plus que l’ombre d’elle-même. Ce qui le fut ne tenait pas aux chars et aux avions. Lorsque M.Hollande est apparu, il s’est produit un curieux phénomène. Un coup de froid en plein été. Une sorte d’éclipse solaire. Petit-à-petit, j’ai compris ce qui se passait : la foule sifflait. Ce qui était glaçant. En sera-t-il de même pour M.Macron ?

Et si c’était son jour de gloire ? N’est-il pas vraisemblable qu’il veut sauver la France d’elle-même ? Peut-il être plus heureux que seul contre tous ?

Les raisons du diable

Alors, pourquoi ces arguments, que je ne suis certes pas le premier à évoquer, percolent-ils si médiocrement dans le public, de gauche en particulier ? On l’aura deviné à la lecture, c’est que quatre de ces six points (l’international, l’économie, les institutions, et de manière partielle l’écologie) sont plus ou moins communs avec la gauche radicale, qui a pour l’essentiel fait passer ses vues dans le programme du Nouveau Front Populaire. Ce n’est que sur l’immigration que les divergences éclatent vraiment. Il est donc plus simple d’inventer un « RNbis », mythifié, ectoplasme aisé à pourfendre. On se fait plaisir, mais c’est tragiquement inefficace.

Article.

Pourquoi dit-on que le RN c’est le diable ? Parce que ce que son programme a de réellement dangereux est présent dans celui de l’extrême-gauche, et que c’est l’extrême gauche qui fait la politique du front anti RN.

Avec un raisonnement aussi subtil, comment être étonné que nos gouvernants se soient auto proclamés « élite » ?

Perfide Albion ?

Je jette un coup d’oeil aux résultats des élections britanniques. Surprise.

« Landslide » travailliste ? Avec 33% du vote (et on a, relativement aux usages, peu voté), les travaillistes obtiennent 63% des sièges au parlement. Avec 14,3% des votes, Reform UK, le parti du Brexit et qui, de loin, semble à la droite de notre FN, ne compte que 0,8% des élus ! Les Lib Dem, avec nettement moins de voix que Reform UK, occupent 11% des sièges !

Paradoxalement, Reform UK, qui semble une dissidence des conservateurs, plus les conservateurs possèdent beaucoup plus de voix que les travaillistes.

Reform UK, l’avenir des conservateurs ? Le calme avant la tempête ?

(Wikipedia.

PS. Le 7 matin, j’entendais Tony Blair conseiller aux travaillistes de prendre garde à Reform UK et à la question de « l’immigration » et de se méfier du « wokism ».)

Politique punitive

On parle « d’écologie punitive ». Mais l’écologiste ne veut pas punir, il sait, seulement, qu’il a raison, et qu’il n’y a qu’une seule façon de faire ce qui est bon.

Cette façon de voir s’est imposée au sommet de notre société. C’est probablement celle de notre président, en particulier. Il ne comprend pas qu’on puisse s’opposer à ce qui est bon pour nous, à savoir faire comme les autres.

Je n’ai jamais eu de pouvoir, ce qui explique peut-être que je ne partage pas l’opinion de ces gens de pouvoir. J’ai toujours constaté que la résistance au changement était riche d’enseignements. En fait, ce à quoi elle résiste n’est pas le « pourquoi », mais le « comment ». C’est pourquoi, j’ai adopté, en matière de changement, la devise de Saint Augustin : « aime et fais ce que tu veux ».

Les raisons de Trump

An April 12-14 poll from Echelon Insights found that 57 percent of all voters somewhat or strongly disapproved of the way Biden is handling the economy, and favored Trump on making the economy work better by 48 percent to 40 percent. That’s only a recent example of what surveys have routinely shown: Voters aren’t happy with Biden’s handling of the economy.

Article.

En cherchant à me renseigner sur les raisons pour lesquelles le président Biden n’est pas aimé, j’ai découvert que je souffrais de désinformation.

Je pensais que le vote Trump était idéologique. En fait, l’article en question parle d’une enquête menée auprès d’électeurs hésitants. Tous expliquent qu’ils vivaient mieux sous Trump. Ceux qui désirent voter Biden le font parce qu’il n’est pas Trump.

La « diabolisation » de Trump est donc une stratégie efficace. Et, paradoxalement, le vote idéologique aurait changé de camp.

Mais, je n’ai pas trouvé ce que je cherchais : les raisons de la dégradation des conditions de vie de certains Américains, alors que, globalement, l’économie américaine se porte bien. La politique de M.Biden aurait-elle prolongé les effets des précédentes en poursuivant le « creusement des inégalités » ?

Kamala Harris

Les démocrates américains s’agitent. Les uns après les autres ils lâchent leur président sénile.

Qui va le remplacer ? Un candidat jeune et à poigne qui va « parler ferme » comme on dit en anglais ?

Apparemment non, on évoque Kamala Harris, la vice présidente. On n’en parle plus beaucoup, mais lorsqu’elle est apparue, le consensus était qu’elle était un désastre. A l’époque, je pensais qu’elle avait été choisie parce qu’elle ressemblait à Barack Obama. Seulement, ce qui faisait la force d’Obama, c’était une intelligence exceptionnelle, et, peut-être, au moins en ce qui concerne les élections, le sens politique.

Apparemment, il semble qu’il y ait un théorème qui s’applique aux élections : on reconduit celui qui est bon pour son intérêt. Si je comprends bien ce qui se dit aux USA, le sort d’une majorité de la population se serait plutôt dégradé sous les démocrates… Le génie de Trump serait, par ses frasques, de leur faire oublier cette simple vérité ?

Elections en Angleterre

Ces derniers temps les prévisions ne se trompent plus : les travaillistes anglais ont balayé les conservateurs.

Le peuple a-t-il voté pour les travaillistes ou contre les conservateurs ? Le commentateur s’interroge.

Toujours est-il que l’on entend là-bas un discours qui ne nous est pas familier : il s’agit de reconstruire le service public, et ce pour le bénéfice du plus grand nombre.

Ce qui s’annonce difficile : comme en France, l’économie du pays est défaillante. Ce qui est surprenant, lorsque l’on y songe, car cela fait un demi-siècle que l’Occident est gouverné par des économistes qui ne parlent que de compétitivité ?

C’est quand on ne la cherche pas qu’on la trouve ? Un espoir pour les travaillistes ?