Limites à la croissance

les partis du bloc central n’ont pas su prendre en compte cette question nouvelle de l’insécurité économique, sociale et culturelle et y apporter des réponses crédibles. Le RN ne l’a pas fait non plus, à l’évidence sous une forme crédible (…) ; il l’a fait sous une forme démagogique et xénophobe, mais c’est malheureusement la réponse dont, faute de mieux, s’est emparée une grande partie des Français.

Article.

Il ressort de cet article que, en quelque sorte, le Français n’a plus d’ambition, et qu’il vit au jour le jour. En conséquence de quoi, il est affecté pour la dégradation de ses conditions de vie. Et il supporte mal les outrances des derniers idéalistes de la politique.

En fait, il en est un peu partout de même dans les autres pays, me semble-t-il.

Max Weber disait que la rationalité moderne avait « désenchanté le monde ». Je me demande si cette rationalité n’était pas une autre croyance, et si elle n’a pas fait long feu. Et si ce n’est pas réellement maintenant que l’on peut parler de « désenchantement » : « tout le beau de la passion est fini » ?

Est-ce ce que la dynamique des systèmes appelle les « limites de la croissance » ? Le grand élan qui a poussé l’humanité jusqu’ici a rencontré une limite ?

Langage de gauche

En direct, proposition d’un premier ministre issu du Nouveau Front populaire : « Je préfère ne pas fixer de deadline », temporise Manuel Bompard

Le Monde, hier

Deadline ? Le langage de la gauche est celui du manager apatride de multinationale ? Le langage de ceux qu’elle représente désormais ?

Fusées

Culture monde, de France culture, faisait un bilan des programmes spatiaux mondiaux.

Tout cela est bien poussif. On est loin des temps héroïques. C’est surprenant à quel point il en faut peu pour que le savoir-faire humain se perde.

J’en retire que la Chine progresse seule, et avec une certaine méthode. La Russie pleure son passé glorieux, et échoue. Coup de pied de l’âne : l’Inde réussit. Quant à l’Etat américain, à lui seul il a créé une bulle spéculative. Il a décidé qu’il allait faire du business dans l’espace. En conséquence de quoi, il a créé un marché captif et artificiel pour des entreprises locales. Mais, comme souvent, le programme a des hauts et des bas, aléas de l’humeur américaine.

Toujours est-il que, façon conquête de l’Ouest, les USA polluent l’espace à grande vitesse.

Quant à l’Europe, elle est divisée, les Allemands, en particulier, commencent à l’avoir mauvaise d’avoir été à l’origine de tout le savoir-faire spatial mondial, et de ne rien en retirer (au motif qu’ils avaient à l’époque pour objet d’asservir la planète). Elle gobe, la France en particulier, les bobards américains, en demandant à son industrie de produire aux prix américains, alors que ceux-ci sont le résultat de colossales subventions, et, probablement, ont pour objet de liquider l’industrie de leurs amis.

(Depuis que cet article a été écrit, Ariane 6 est partie. Les émissions en question ne lui donnaient que 40% de chances de succès : c’était une sorte de vol de qualification. Comme quoi, on peut aussi avoir de la chance ?)

All that glitters

On ne peut pas dire cela. A un moment, j’ai fréquenté les journalistes. Ce qui m’a frappé est que, lorsque je leur disais ce que je lisais dans la presse anglo-saxonne, ils me répondaient qu’ils ne pourraient pas l’écrire. Ce qui était d’autant plus curieux que gauche et droite censuraient des opinions qui auraient dû servir leur camp.

Ce souvenir m’est revenu en écoutant « All that glitters », une enquête de la BBC sur le milieu de l’art moderne. Aurait-on, en France, le droit de diffuser cette émission ?

Il y est question d’un des scandales qui a secoué ce petit milieu. Un jeune galeriste est devenu extrêmement riche, avant de finir en prison, en jouant sur l’art à la manière des financiers, par exemple en se faisant payer pour des oeuvres qu’il ne possédait pas.

Ce que disait crûment l’émission, c’est que l’art moderne n’est que spéculation, il n’a aucune valeur en tant qu’art. D’ailleurs, il est stocké dans des entrepôts. Personne ne le voit. A un moment, par exemple, les réserves de l’escroc sont auditées. Or, il lui manque une oeuvre. Il n’a aucun mal à la reconstituer. Ce qui abuse l’auditeur.

Ce que disait aussi l’émission, c’est que c’est un milieu consanguin. Ceux qui y évoluent sont des « enfants de ». Soit de gens du milieu, soit de « gens importants ». Une petite élite bobo qui vit dans le luxe, la fête et la drogue.

Utilité de l’homme

Surprise de l’année : l’homme aurait une utilité.

Le jeune éléphant mâle devient tout fou à la puberté. Il suffit qu’un mâle apparaisse, pour qu’il se calme, et ait une adolescence sans histoire. Il semblerait qu’il en soit de même pour l’espèce humaine, mais aussi pour l’adolescente. (Naturebang, de la BBC.)

Difficile de savoir ce que l’on peut en tirer ? Si vous êtes un peu déglingué et mal dans votre peau cela tient à ce que votre père (ou beau-père) n’a pas été à la hauteur de ses responsabilités ? Théorie de « l’ancrage » de Boris Cyrulnik ?

En tous cas voilà qui donne un espoir à une espèce menacée ?

L’Angleterre et ses colonies

Au fond, l’Angleterre a géré ses colonies comme des entreprises. Elle passait un accord avec leurs classes dirigeantes pour exploiter le travail de leur peuple. D’ailleurs, la Compagnie des Indes était une société privée.

Cela demeure le modèle de la Grande Bretagne : ses Etats unis conservent une grande liberté, un gouvernement propre et parfois leur langue.

La France, pour sa part, faisait profiter ses colonies de sa culture supérieure. C’est ainsi qu’elle avait unifié son territoire. Nation « soleil » plus que patrie des droits de l’homme ?

L’entreprise a été plus durable que la culture ?

Bon sens collectif

Tout cela se passe dans une ambiance pré-révolutionnaire inédite. Les quelque 100 élus Renaissance revenus des enfers de la dissolution n’ont plus envie, mais plus du tout, de se faire dicter leur loi. Ni par le parti, ni par l’Elysée.

“Désormais le top-down, c’est terminé, on passe au bottom-up“, se marrait un cadre de Renaissance au téléphone hier avec Playbook (…) Autrement dit, finies les décisions prises d’en haut et qui s’imposent à tous.

Politico Playbook Paris, hier

Le secret de l’esprit d’équipe et de coalition ? Se débarrasser des grands fauves, aveuglés par leur ambition personnelle ?

(Et c’est aux sans-grades de nommer leur chef : quelqu’un qui ne veut pas l’être ?)

Bactériophage

Une solution à la résistance aux antibiotiques ? Le bactériophage est un virus qui attaque les bactéries. (Plus exactement, il y a coévolution entre phage et bactérie.)

En outre, étant associé à des bactéries spécifiques et étant plus résistant que celles-ci, il est un marqueur de leur présence. Ce qui a beaucoup d’utilité.

Il a été découvert il y a fort longtemps, a été une spécialité française, mais a connu des hauts et des bas. En fait, il ne serait pas un remplaçant des antibiotiques, mais plutôt un complément.

Voici ce que j’ai découvert dans l’émission In our time de la BBC. (Article wikipedia.)

Comme d’habitude, je constate qu’il y a des années lumières entre la complexité de la vie et ce que l’on croyait de mon temps : qu’on allait trouver les (quelques) lois de la nature.

Coalition

Pourquoi la 5ème République ? Parce que la France était, depuis l’avénement de la 3ème République, soumise à l’instabilité parlementaire. Elle était ridicule, et se faisait manger la laine sur le dos.

Et voilà que l’on est reparti comme en 14, ou plutôt comme en 70.

Réussirons-nous là où nous avons toujours échoué ?

En tous cas, les données du problème semblent claires :

Les partis politiques doivent prendre conscience qu’ils ne peuvent rien sans les autres. Du coup, on comprend pourquoi ils ont été incapables de s’entendre jusque-là : ils étaient détenteurs de la seule vérité.

Si l’on veut s’unir, il faut se convaincre que la survie du groupe compte plus que la réalisation immédiate et intransigeante de l’idéal. Ce qui amène à changer ses critères de décision, de l’idéal à l’acceptable.

Il se peut, qu’alors, on découvre qu’il y a mieux que l’idéal individuel : le génie collectif ?

L’ère du PDG

The Economist observait, il y a déjà quelques années, que M.Clinton avait exercé une véritable fascination sur les hommes politiques occidentaux. C’était le modèle du président PDG, qui vit dans le faste des multinationales, entre deux avions, et qui devient extrêmement riche.

Je soupçonne que ce modèle du PDG salarié est celui qui s’est imposé. L’après-guerre a vu la prise de pouvoir sur la politique et l’économie par le diplômé de « sciences » administratives. Comme toute aristocrate, il s’est inventé une histoire qui justifiait sa supériorité génétique. Il était « l’élite ». Il avait été sélectionné par l’école (qui entre-temps avait singulièrement réduit son niveau et l’étendue de son recrutement). Comme le noble, il se « montrait », pour impressionner la populace par sa prestance.

(Responsable mais pas coupable ? Je soupçonne que l’on est « pensé » par la société. Notre responsabilité est de la faire évoluer de façon à ce qu’elle évite l’erreur ?

J’en suis arrivé à croire que le « libre arbitre » ne veut rien dire, de même que le déterminisme. En revanche, tout va mieux si l’on est persuadé que l’on a une responsabilité, et si l’on nous juge pour des responsabilités que nous n’avons pas assumées.)