Hasard de France Culture. Une ancienne émission d’A voix nue consacrée au commissaire général Abdelkader Haroune.
A l’écouter, on a envie de fusiller ceux qui nous disent ne pas comprendre le mécontentement populaire, puisqu’il n’y a pas eu de baisse de pouvoir d’achat. Le commissaire vit à Roubaix. Et il décrit une situation effrayante. 50% de la population locale est sous le seuil de pauvreté. Drogue et massacre en famille. C’est atroce. Mais, depuis quand la France est-elle comme cela ?
Lui même se dit le produit de l’ascenseur social. Mais son ascenseur n’a rien à voir avec celui qu’a connu mon père, Camus ou Bourdieu. D’ailleurs, s’il y en a un, c’est celui de l’armée, pas de l’Education nationale. Car si sa famille, et son père harki, se sont tirés d’Algérie en 62, sans se faire égorger, c’est grâce à la solidarité des militaires. S’il a trouvé un emploi, c’est grâce à un pied-noir. Et c’est encore l’armée qui a fait entrer les frères ainés du commissaire dans la gendarmerie.
Quant à lui, il a été peu servi par l’Education nationale, pourtant si bien pensante ! Lorsqu’il demande à faire du latin, on l’inscrit dans une option cuisine. Lorsqu’il doit choisir une seconde, on lui propose une formation professionnelle au métier du textile. Il parvient par miracle à entrer dans une filière générale, la moins prestigieuse, puis à la fac. Et là, surprise : du jour au lendemain, il devient major de promotion. Et il réussit tout ce qu’il passe. Avec le recul, il pense que, s’il avait connu l’ENA, il aurait eu de bonnes chances d’être admis.
Son combat ? C’est l’ascenseur social. Contrairement à ce que l’on a entendu dire, les « violences urbaines » de l’année dernière, effroyables selon lui, ne seraient pas le fait d’un mécontentement populaire, mais de groupes de malfrats. Pour sortir les « banlieues » du chaos, il faut que le talent soit, à nouveau, reconnu.