Avenir artificiel

L’avenir est merveilleux ! Je viens d’avoir cette révélation.

BBC World Service donnait la parole à un prospectiviste australien (Do we have enough energy to power AI ?- The inquiry). Celui-ci annonçait que l’IA était une « super intelligence » bientôt capable de résoudre tous nos problèmes.

Pourquoi s’inquiète-t-on encore de climat, de guerre, de famine, de misère, de maladie ou de mort ? Que nous sommes donc bêtes !

Mal français

L’association des interpreneurs, à laquelle j’appartiens, conseille l’entrepreneur. En particulier, des « start-upper » lui demandent de « challenger » leur plan de levée de fonds. Nous mettons en face d’eux des investisseurs et des financiers.

Résultat déconcertant. Ils ont « tout faux ». Ils sont victimes d’une quantité invraisembable de préjugés erronés. Le plus surprenant est que, si on ne les avait pas entendu parler, on aurait pu penser, au contraire, qu’ils n’avaient que des atouts. (D’où la difficulté de l’exercice : nous partons avec un préjugé favorable dont il est très difficile de se débarrasser.)

Cause ? Un nom revient avec insistance. Ils sont conseillés par un ancien dirigeant. Et celui-ci semble croire qu’il est une autorité mondiale. Il a tiré des conclusions définitives d’une expérience isolée. (Ou il « rejoue son Vietnam » ?)

A-t-on réfléchi à ce que cela signifie ? Le même entrepreneur, en Allemagne, en Italie, au Portugal ou ailleurs, aurait trouvé un confrère compétent, et il aurait réussi. En France, le conseil est fatal ! Notre tissu économique a franchi un seuil de non retour : il est tellement peu dans le coup qu’il est devenu toxique pour l’innovation !

Wow !

On appelle cela « Wow ! » Les extraterrestres nous parlent, enfin !

C’est ainsi que l’on a interprété un signal reçu par un télescope en 1977 (wikipedia.)

J’entendais l’autre jour dire qu’il s’agirait du résultat bizarre produit par un « nuage d’hydrogène » isolé. (Science in action, BBC4.)

Les chercheurs qui sont à l’origine de la découverte ne pensent pas qu’il faille être déçu. Au contraire. C’est parce que l’on est sorti des sentiers battus que l’on a trouvé ce que l’on ne cherchait pas ! Et que la science a progressé.

Une leçon pour notre classe dirigeante qui nous affirme sans cesse que la science confirme son point de vue ?

Talentueux Trump ?

On parle d’Arthur Scargill, le leader des mineurs, l’ors de la grève de 84, en Angleterre. On entend, dans une émission de la BBC, quelqu’un dire qu’il avait du charisme et du talent, à la manière d’un Donald Trump. En particulier sa façon de toujours surprendre.

Voilà qui est inattendu. M.Trump aurait-il du talent ?

(Kamala Harris subissait sa première interview officielle. Allait-elle enfin parler des sujets de fonds ? se demandait la BBC. Commentaire de D.Trump : « boring » (barbant ?))

Pivotons

Il y a une dizaine d’années, j’ai découvert « pivoter ». Il vient probablement de l’anglais de la start-up. Elle doit, sans arrêt, changer de cap. Si vous n’avez pas cette capacité à « pivoter », oubliez vos rêves d’entrepreneuriat.

En cherchant à extraire une épine d’un doigt, je constate que « pivoter » est le propre de la vie. Ce qui signifie la même chose que la devise de ce blog : « j’ai toujours tort ». Ma première impulsion est presque toujours mauvaise. Son seul intérêt est d’être une impulsion, une envie. Ce qu’il faut, c’est « tenir la distance ». Essai et erreur. Jusqu’à trouver une solution. Curieusement, elle est évidente « a posteriori ».

D’où une idée fausse : croire que l’on aurait dû immédiatement trouver la solution finale. Eh bien non. Ce que l’on a fait, c’est explorer la complexité du monde. Elle était inconcevable, initialement.

Et, pour cela, cela demande un « certain état d’esprit », à la fois optimisme et in quiétude. Pivot ?

Le banquet de Xénophon

Contre-histoire de la philosophie ? Xénophon a-t-il tenté, infructueusement, de prendre le contre-pied de Platon et de ce qui est devenu la pensée officielle de l’Occident ?

Il décrit un autre Socrate. Aux antipodes de l’être agressif dont parle Platon, le sien est sympathique et humble, et se moque de lui-même. Il ne ridiculise personne. Il ne donne pas de leçon. Il est un convive comme un autre.

Après que chacun ait expliqué, de manière assez touchante, ses mérites, on en vient à la question de savoir ce qu’est l’amour véritable. Pour Socrate, c’est l’amour de l’âme, au sens de vertu, de droiture. Ce sont par les actes qu’on la juge : « la fausse gloire () est bientôt démasquée par l’expérience ». « la vraie vertu () acquiert par l’action une gloire de plus en plus brillante. »

A noter que Socrate ne se dit pas « accoucheur », mais « entremetteur »…

Chacun voit Socrate à sa porte ?

Le banquet de Platon

La grève des mineurs

Curieux de revivre son passé. La BBC consacrait des émissions à la grève des mineurs anglais de 84 (Strike). Il se trouve que j’étais en Angleterre à cette époque.

Ce combat fut, bien plus que les Malouines, le Waterloo thatcherien. Mme Thatcher a fait mordre la poussière au syndicalisme local, qui était un Etat dans l’Etat. Il ne s’en est toujours pas relevé.

Comment ai-je vécu l’affaire ? De loin, comme d’habitude. Je n’avais de sympathie pour aucun des deux protagonistes principaux, Madame Thatcher et Arthur Skargill. Implicitement, juste ou non, je ne pensais pas que le conflit finirait autrement qu’il a fini. Pas besoin de s’épuiser à aller plus loin.

Qu’ai-je appris depuis ? Pas grand chose.

Les mineurs tenaient depuis longtemps en otage le gouvernement britannique, si bien que les mines étaient des puits sans fond pour le budget britannique. Ils devaient leur pouvoir à ce qu’ils avaient fait sauter un gouvernement conservateur (Heath). Mais Skargill n’était pas comme les autres : contrairement aux anciens leaders, ce n’était pas un négociateur, mais un « rouge ». Il avait un programme politique. Et il utilisait des techniques de combat : ses « flying pickets » empêchaient les mineurs de travailler et les grèves de 84 ont été décrétées sans consultation de la base. Au contraire, à chaque fois que celle-ci a voté, elle l’a fait massivement contre la grève.

L’émission semblait favorable aux mineurs. Elle racontait, par exemple, que le gouvernement et la police avaient joué les agents provocateurs. Certes, mais à la guerre comme à la guerre ?

Comme je le savais, Mme Thatcher avait préparé son coup. Mais elle n’aurait pas pu réussir sans l’intransigeance d’Arthur Skargill. C’est probablement lui qui a provoqué, par sa défaite totale, une fermeture brutale et sans ménagement des mines. Il est certainement juste de plaindre les mineurs, mais ils furent les victimes innocentes d’une lutte qui les dépassait ?

Spéculation quantique

Les hasards d’Internet me font trouver un chercheur qui doute que l’on puisse mettre un jour au point un ordinateur quantique. Ce serait du fait d’une question de « bruit ». L’article étant ancien, j’ai cherché si son point de vue n’avait pas changé. Apparemment non.

Il cite d’ailleurs un autre article qui se conclut par le constat qu’à chaque fois qu’un ordinateur quantique semble réussir un exploit, un ordinateur classique fait de même.

a common misconception is that the many-body dynamics of a quantum computer is necessarily exponentially difficult to calculate on classical hardware. In reality, it is at most exponentially hard. There are almost always hidden structures that scientists learn to exploit to speed up the calculations. The number of problems that were apparently exponentially difficult and that were solved in polynomial time with numerical techniques is quickly growing.

Mais, curieusement, il ne le fait pas n’importe comment. Il a trouvé le moyen de rendre classiques les techniques quantiques. Les techniques de l’ordinateur quantique sont retournées contre lui !

Ce type d’argument passe largement au dessus de la tête de l’investisseur (et de la mienne). Il croit, à tort, que, ce type de recherche fondamentale obéit aux règles du capital risque ordinaire.

Ce que j’observe de l’histoire des grandes innovations, c’est qu’elles demandent généralement plusieurs générations pour être mises au point. Les entrepreneurs qui les attaquent en premier finissent souvent sur la paille. C’est pour cela que la recherche fondamentale est généralement publique. Il semble que cette vérité ait été oubliée.

Tout ceci pose une question. Le « défi » lancé par l’ordinateur quantique, comme tout défi du même ordre, est extrêmement stimulant pour le génie humain, seulement, les moyens qui y sont investis n’auraient-ils pas plus d’effets ailleurs ?

Suprématie atomique

South Korea pushes to export nuclear reactors to Europe

Asian nation seeks to become leading player in market dominated by China and Russia

Financial Times du 29 août

Il est utile de temps à autres de se pencher sur son passé… C’est une source d’enseignements.

Le nucléaire : un « autre » secteur que la Chine a voulu dominer totalement. Pour cela, elle a demandé à l’Occident de lui donner son savoir-faire. Ce qu’il a obligeamment fait.

Mais la France a aussi eu des ambitions pour ce secteur : l’EPR. AREVA était son champion. Vu de loin, il semble avoir sombré dans le ridicule. Retards invraisemblables et AREVA en faillite. Beaucoup de paroles, mais plus de compétences ? Trop d’énarques, pas assez de soudeurs ? Un pays a besoin d’autre chose que d’une « élite » ? Ce que possède la Corée du sud ?

Point curieux : les EPR construits en Chine semblent avoir marché, contrairement à ceux qui ont été installés ailleurs. Les Chinois ne seraient-ils pas que copieurs ?

Fuel poverty

« Fuel poverty » disait la BBC, hier matin. Beaucoup d’Anglais ne parviennent plus à payer le prix de leur chauffage.

Un autre billet disait que, à Roubaix, 50% de la population était sous le seuil de la pauvreté. La pauvreté serait-elle redevenue le mal de l’Occident ? Pourquoi ne semble-elle pas avoir préoccupé nos gouvernements ? Pourquoi n’en parle-t-on pas plus ?

Aurait-on cru qu’il était suffisant de s’occuper de « discriminations » ? Un mal de riche ?