Fluctuante immigration

L’autre jour, un « petit bateau » de plus avait fait naufrage, dans la Manche. Le gouvernement travailliste anglais s’en prenait aux trafiquants d’êtres humains.

Il serait intéressant d’étudier l’évolution de ce qui est dit de l’immigration, au moins par la radio. Jadis, il était mal de condamner l’immigration, maintenant il est bien de condamner ce qui lui permet d’exister…

Ce n’est pas la girouette qui change… ?

Michel Barnier

Il faut être de son temps. Même ce blog doit être dans le coup. Que dire de Michel Barnier ?

Curieusement, c’est quasiment le seul homme politique que j’ai vu de près. Qu’il fréquente le petit peuple serait-ce un atout ?

En relisant ce qu’il disait à l’époque, j’observe que rien n’a changé en onze ans ! Nous ne cessons de faire le même constat. Pas d’action.

Quant à lui, il semble, a posteriori, un choix évident. Il a été le négociateur du Brexit : il a dû avoir à jouer avec des intérêts divergents. (Quoi que l’affaire ait été facilitée par la menace anglaise.) Il est là depuis longtemps, connaît bien le personnel politique, et il est suffisamment modéré pour être « acceptable » par beaucoup de monde. Et suffisamment de droite pour pouvoir parler au FN.

Quant à la gauche, si elle se dit volée, c’est, probablement, de bonne guerre. Car pouvait-il en être autrement ? Si l’on avait eu un système d’élection à l’anglaise, on aurait un FN absolument majoritaire. Et si la gauche s’est trouvée en tête au second tour, c’est contre le cours du jeu, du fait des conséquences peut-être pas totalement prévues d’un subtil montage anti-FN. D’ailleurs, que peut-on faire quand on a un M.Mélenchon dans ses rangs ? N’est-ce pas « lui président » ou rien ?

Reste à parvenir à manoeuvrer. Ce qui demande peut-être de se limiter aux dossiers vitaux et d’éviter ce qui est « inacceptable » pour les uns ou les autres, donc résister à la tentation de la provocation. Le plus difficile, dans ces conditions, sera, peut-être, de résister à la plus efficace et ancienne des tactiques : l’irresponsabilité. Quelle parade ? Retourner cette tactique contre son auteur, en montrant ses incohérences ? Peut-être aussi savoir dire non ?

A défaut d’enrichir le Français, le gouvernement va-t-il lui offrir un intéressant spectacle ? A défaut de pain, des jeux ?

Maze

Gouvernement de Madame Thatcher. 40 prisonniers républicains irlandais s’évadent du Maze (le labyrinthe), une geôle britannique réputée (comme tout ce qui est britannique) la plus sûre d’Europe. La BBC consacrait une enquête à cette affaire inconnue chez nous.

Comme souvent, qui veut faire l’ange fait la bête. Un secrétaire d’Etat décide d’appliquer au Maze les règles générales : les prisonniers ne sont plus confinés, ils peuvent avoir un emploi. Du coup, ils reconnaissent les lieux, et organisent leur évasion. En outre, ils savent qu’ils peuvent tuer : étant condamnés à perpétuité, ils ne risquent rien.

Mais comme souvent, c’est ce qui s’est passé après l’évasion qui est curieux. Car les enquêtes et la justice ont systématiquement dégagé la responsabilité des hommes politiques et des fugitifs. Les gardiens étaient coupables ! Les Hollandais, pour leur part, arrêtent deux évadés. Seulement, ils jugent que ce sont des prisonniers politiques. Ils ne les extraderont que si l’Angleterre leur accorde ce statut, ce qui les exempte de multiples chefs d’accusation. (Et sous entend que, si vous avez une raison « politique », vous pouvez tuer.) Si bien que les « unionistes » décident de se faire justice, en assassinant quelques républicains qui ont fait l’objet d’un traitement de faveur de la justice.

Mais, heureusement, il y a des moments où les peuples font preuve de bon sens. Les Irlandais du nord ont décidé de se réconcilier. Ils ont vidé leurs prisons.

Cette histoire pose la question de la justice. Quelle est la véritable fonction de ce que l’on nomme « justice » ? Qu’est-ce que c’est que la véritable justice ?

Exam nation

Parle-t-on de la France ? me suis-je demandé en découvrant cette émission de la BBC.

C’est bien un sujet britannique. Le système éducatif anglais est une machine à cocher des cases. Son seul objet est la préparation à l’examen. L’examen trie le bon grain de l’ivraie. Comme en France.

Au moins, ne prétend-il pas, comme en France, s’appeler « éducation ».

Je retiens deux idées qui donnent peut-être un moyen de le sauver du naufrage. Tout d’abord, l’éducation est une question de conditionnement. Aujourd’hui, on nous apprend le « chacun pour soi ». Et pourquoi pas demander à un groupe à faire une oeuvre collective ? Tout le programme pédagogique serait ensuite construit sur l’expérience acquise ? (Ce qui existe déjà.)

La seconde idée est peut-être plus inattendue. L’auteur de l’émission enseigne Paradise Lost à des enfants de 13 ans. Je n’ai rien trouvé de comparable en français. La langue est incompréhensible par l’inculte moderne et le sujet a sombré dans le ridicule. Alors ? Tout l’intérêt est justement là. Pourquoi quelqu’un d’intelligent peut-il écrire des choses pareilles ? Qu’a-t-on bien pu apprécier ? Et si notre pensée, aussi, était susceptible de paraître risible à nos descendants ? Art de la critique, donc de la raison, aurait-on peut-être dit, jadis.

Epidémie et changement

we think that some SARS-CoV-2 variants that have also clearly experienced accelerated rates of evolution may have evolved in specific reservoirs within the human population, like immunosuppressed people. And the more such cases there are, the more opportunities there are for unlikely mutations. It seems that very rare events can have a disproportionate weight in pandemics.

Article

L’épidémie comme inverse de la vaccination ? L’agent pathogène se « fait la main » sur un membre particulièrement fragile de la population ?

Ce que les techniques de conduite du changement appellent commencer le changement par un « problème périphérique » ?

Sélection et âge

If you think about humans, our lifespan, over the course of our evolution, aging never happened. There was no Parkinson’s disease, no Alzheimer’s disease, there was no cancer. Everybody was dead by the age of 40 or 45. So evolution put into place ways of keeping young, reproductively fit organisms healthy for only a few decades, certainly not for the larger number of decades that we’re living through.

Article.

La hantise de la mort du milliardaire de la Silicon Valley me fait m’intéresser à l’âge.

Comme souvent, la question est plus complexe qu’on ne le pense. Ce que dit l’article est que les mécanismes conçus pour maintenir en forme un homme jeune ont l’effet inverse lorsqu’il vieillit. D’une certaine façon, il est optimisé pour donner son plein rendement à un certain âge. La médecine cherche à les désactiver, lorsqu’ils deviennent néfastes.

La TPE : avenir de la France ?

Voici une rareté : un rapport concernant la TPE. Qu’en dire ?

Le sujet demande un travail préliminaire de définition. Car, il faut distinguer la TPE de la micro entreprise. Cette dernière a été créée par une loi de 2008, et a fait de la France une championne mondiale de la création d’entreprise. Malheureusement, il n’y a pas corrélation entre création d’entreprise et performance économique. Les micro entreprises, « dont beaucoup sont très éphémères et n’ont pas d’activité réelle » semblent avant tout le visage de « l’ubérisation » (un moyen habile de masquer la réalité du chômage ?).

La TPE est une entreprise qui emploie entre une et neuf personnes. Là aussi, il y a une grosse diversité. Restaurant, cabinet médical, artisan, etc. un grand nombre de TPE atteignent quasi immédiatement leur taille adulte. Globalement elles ne fournissent qu’un cinquième de l’emploi. Seulement, elles sont présentes partout. Et, alors que les grandes entreprises détruisent l’emploi, elles en sont les créatrices les plus efficaces ! (Quant aux fameuses gazelles, qu’aime tant notre gouvernement, leur contribution à la création d’emplois est modeste, 75.000 en 8 ans, selon une étude de l’INSEE – surtout lorsqu’on la met en regard de ce qu’elles coûtent à l’Etat ?)

Comment expliquer ce paradoxe ? En grossissant, elles changent de catégorie, et finissent par se faire acheter par des entreprises qui vont les rationaliser, et détruire de l’emploi !

La TPE serait-elle une solution à la désertification du pays et au chômage ? En tous cas, elle présente une caractéristique curieuse : favoriser son développement n’est pas une question de milliards, mais de conditions locales, « d’écosystème ». Etre entourée d’amis lui facilite la vie.

Jugement premier

A l’époque où j’enseignais, je me suis rendu compte que je terrifiais certaines promotions. Curieux.

J’ai fini par comprendre qu’elles me jugeaient par rapport à ce qu’elles avaient vécu jusque-là. Et qu’avec une telle interprétation ce que je disais était d’autant plus effrayant que c’était sans précédent…

(J’inquiète aussi les journalistes, et l’élite…)

C’est probablement une règle générale. Contrairement à ce dont nous sommes convaincus, nous ne jugeons pas une personne pour son propre compte, mais par rapport à notre expérience passée.

Ce qui n’est pas une bonne idée. Une seule erreur peut être fatale. Je m’en rends compte quasiment tous les jours en travaillant avec des start-up.

Solution ? Il faut commencer par le doute cartésien. Pas simple. La nature revient au galop. Et que dire des conventions sociales ? Le problème ensuite est de pouvoir reconstituer assez rapidement une image correcte et efficace de la personne.

Sélection naturelle

Tous ceux qui ont gagné ont joué, dit la loterie nationale.

L’homme rationnel ne joue pas à la loterie, car il sait qu’il a de grandes chances de perdre son argent. Celui qui ne l’est pas va jouer. En règle générale, il va perdre. Mais il peut aussi gagner. Alors, il sera le maître du monde.

N’est-ce pas une loi de la nature ? Et si la nature sélectionnait des intellects limités et surtout l’optimisme ?

En fait, c’est vérifié : l’homme tend à être optimiste, c’est à dire à avoir une idée excessive de ses chances de succès. Et le milliardaire de la silicon valley a le profil voulu.

Mais, comme souvent, le monde est complexe. Hegel pourrait avoir vu juste. En nous asservissant, le maître du monde nous force à travailler, et, en travaillant, on fait des découvertes. Elles rendent obsolètes les maîtres du monde, et surtout leur progéniture devenue « aristocratie » ou « élite ». Arbeit macht frei, comme on disait, un temps.

Droit à l’information

Je me demande s’il n’y a pas un biais systémique dans la pensée de l’intellectuel.

C’est l’émission Strike de la BBC, qui m’a fait me poser cette question. En effet, elle consacre un long reportage à une provocation orchestrée par le gouvernement britannique à l’endroit des mineurs. On en tire naturellement le sentiment que le dit gouvernement est indigne.

Seulement, d’une part, la BBC n’interroge pas tous les protagonistes, et surtout ne leur donne pas le même temps de parole, et, d’autre part, elle détache ce fait de son contexte, qui est celui d’une véritable guerre idéologique qui dure depuis des années, et lors de laquelle les syndicats de mineurs ne se sont pas privés de donner des coups bas. Et outre, l’avenir n’était plus au charbon, ce qui aurait mérité un minimum de considération.

Un autre exemple est celui de l’Angleterre d’après première guerre. Elle s’est indignée que des enfants meurent en Allemagne et n’a accordé aucun intérêt au sort de la France, qui avait été dévastée par la guerre, et qui craignait d’être victime d’un nouveau conflit. Ce qui a été le cas.