A quoi sert la poésie ? Une question qui se pose à moi sur le tard.
En écoutant The sun rising, de John Donne, j’émets la théorie du moment :
John Donne est un poète élisabéthain. Il me fait penser à une version anglaise de Ronsard. Avec tout ce que cela signifie en termes de décalage culturel. Dans The sun rising, il trouve une manière originale et élégante de dire qu’il n’y a rien de mieux que d’être dans les bras de sa compagne.
Première hypothèse. La société nous « lave le cerveau ». Elle fait de nous une machine. Métro, boulot, dodo. L’art nous rappelle la réalité.
Mais aussi, comme la poésie de Ronsard, celle de John Donne obéit à des règles extrêmement complexes. Mon interprétation : notre esprit a été rendu tellement paresseux, qu’il a besoin « d’en baver » pour retrouver la vigueur vitale.
L’art, l’hygiène de l’honnête homme ?
(Quant au commentaire de texte, il me semble une tentative d’étouffer la révolte dans l’oeuf. Alors que le poème est simple et lumineux, le commentaire l’ensevelit sous des masses de mots, et de préjugés – une réflexion que je me suis faite en écoutant les érudits anglais de la BBC, à qui je dois la découverte du poème dont il est question ici.)