L’Europe fait face à un problème complexe, elle est terriblement endettée, alors qu’elle a un retard colossal en ce qui concerne les techniques qui font et défont les nations. Echec et mat ?
Dans un précédent billet, je disais qu’il n’y a aucune raison économique d’investir dans le rattrapage d’un retard. (Pure orthodoxie économique !) En effet, ce faire conduit à un retour sur investissement négatif. C’est l’envers de la logique du marché, qui consiste en un échange de « différences ». Bref, on investit à fonds perdu, et on creuse la dette. Ce qu’il va finir par falloir faire payer par ceux qui n’en ont pas les moyens, et dont on a besoin pour relancer l’économie.
Il vaudrait mieux investir dans notre « potentiel ignoré », ce pour quoi nous avons un savoir-faire unique, traditionnel, qui a été délaissé ce dernier demi siècle. En particulier, il est préférable d’investir dans la « bioéconomie » (le remplacement du pétrole par des déchets de l’agriculture) que dans « l’énergie renouvelable ».
Mais le souverainisme a une raison d’être : la Chine. Comme la Russie, elle a exposé ses plans. Dans son cas, il s’agit d’acquérir le monopole de savoir-faire critiques de façon à imposer au monde son modèle de société. (C’est une forme de perversion narcissique : renverser la logique de l’économie de marché pour servir ses intérêts !)
Alors, comment faire ? C’est peut-être ce que pense M.Draghi : aucune nation européenne ne peut faire seule face à la Chine ou aux USA, mais l’Europe unie, elle, en aurait les moyens. Pour le moment, ses nations ne l’ont pas compris.