Worse than murder

Drôle d’histoire, inconnue en France. Années 60, premiers temps des tabloïdes anglais. Deux criminels amateurs veulent enlever la femme de Rupert Murdoch, magnat de la presse. Ils se trompent et kidnappent l’épouse de son principal collaborateur.

En Angleterre, le kidnapping est une nouveauté. La confusion est immédiate et totale. Le mari informe la presse (à scandale), la police fait bourde sur bourde. Mais, on finit par coincer les coupables. Deux pauvres types. Ils sont incriminés par le papier qu’ils ont utilisé pour communiquer avec la famille de la victime. Seulement, entre-temps, celle-ci est décédée. On ne retrouvera jamais son corps. Il y aura condamnation, tout de même.

(Une histoire de la BBC.)

Un des coupables, âgé, prétend donner le lieu de la sépulture. On ne trouve rien. Quelle était sa motivation ? Mais cette affaire était-elle raisonnable ?

Elle semble avoir fait la fortune du Sun, que dirigeait le mari de la victime. Elle paraît même l’avoir lancé. Mais, il est possible que l’intérêt du journaliste ait handicapé la police, ce qui aurait été fatal à sa femme, à laquelle il semblait très attaché. Et peut-être, donc, à lui.

Qui a vécu par le glaive… ?

Stonehenge

Stonhenge peut-il avoir été conçu par quelque-chose d’autre qu’un âge des ténèbres ? me disais-je.

Une fois de plus, j’ai tort. La société de l’époque était pacifiquement agricole, et l’on commerçait à grande échelle : une de ses, énormes, dalles a traversé 800km.

J’écoute de temps en temps Falco, une série de la BBC dont le héros est un détective romain. L’auteur a adopté le même parti-pris qu’Uderzo et Gosciny : en dehors de quelques détails exotiques et piquants, le société de l’époque ressemble à la nôtre.

Et si nous changions beaucoup moins que nous le pensons ?

Chronique japonaise de Nicolas Bouvier

Un vagabond suisse arrive au Japon un peu après guerre. Il n’a pas un sou. Il trouve un pays rural, pauvre et accueillant, où, apparemment, il se sent bien. Il ne s’adapte pas aux moeurs locales, il semble plutôt être un original parmi des originaux.

Le livre raconte à la fois l’histoire du Japon et celle de son auteur. Pas de grandes découvertes, mais une ambiance agréable. Peut-être l’esprit du Zen ? Voilà un livre qu’il fait bon lire.

Lawfare

En écoutant la BBC, j’ai pris conscience que la justice était une arme de gauche. Ce qui a quelque-chose d’évident, l’homme de droit est comme la gauche du côté du bien. Mais la droite commence aussi à se servir du droit contre ses opposants. Mais beaucoup moins adroitement. Cet usage du droit, à contre emploi, serait ce que l’on nomme « lawfare ».

Est-ce une bonne idée ? Quand on observe le cas de MM.Trump et Netanyaou, on peut se demander s’il y a quelque chose de plus dangereux qu’une bête politique blessée. Et si l’arme du droit n’est pas contre-productive : que peut être une société sans foi ni loi ?

Ce que révèle surtout ce triste état de fait, c’est que la loi n’est pas efficace. En quelque sorte, tant qu’ils ne se mêlent pas de politique, les grands fauves peuvent faire ce qu’ils veulent…

Qui vole un oeuf… Faire preuve de moins de tolérance à leur endroit serait-il un moyen de pacifier la société et le monde ?

Théorie de l’administration

La théorie qui sous-tend l’administration a changé.

La théorie initiale est généralement attribuée à Max Weber. Cela tient à la question de rationalité, qui remonte probablement aux Lumières. L’Etat met en oeuvre une politique parfaitement rationnelle. Elle est « orientée résultat ». Elle emploie l’élite intellectuelle.

La guerre semble avoir été le point d’orgue de cette idée. La bureaucratie américaine a gagné la guerre. Puis les bureaucraties ont reconstruit les nations.

Il semble qu’il y ait eu ensuite une vague de critique de la bureaucratie. L’oeuvre de Michel Crozier en est un exemple. La bureaucratie tend à oublier ce pour quoi elle est faite… La bureaucratie est aussi associée au totalitarisme.

Puis, l’on a commencé à dire que la bureaucratie était inefficace, et que, « de manière évidente », l’économie de marché était ce qui se faisait de mieux. Le nom de Mme Thatcher est lié à cette idée. On a alors découvert que le marché n’était pas partout, et qu’il fallait souvent le simuler, en créant une administration pour ce faire…

La question qui se pose aujourd’hui semble être : et si l’on supprimait cette administration et à nouveau on organisait la fonction publique pour qu’elle remplisse sa mission ?

Des notes concernant un ouvrage sur l’évolution de l’Etat, retrouvé dans ce blog :

Le démantèlement de l’Etat démocratique

Enigme systémique

Une des conclusions de la systémique est que nos actions ont pour conséquence le contraire de leurs intentions (« énantiodromie »). Qui veut faire l’ange, fait la bête, disait Pascal. Si bien que la solution à nos problème est, tout simplement, de faire le contraire de nos intentions !

C’est simple, effrayant, et pourtant cela n’a pas pénétré la psyché collective.

Mais qu’est-ce qui est à l’origine de ce phénomène ? Mystère.

L’exemple de M.Macron peut-il nous éclairer ? Il se voulait un rempart contre les extrêmes. Or, les extrêmes ne se sont jamais aussi bien portées. Le centre s’est réduit et s’est divisé. Au fond, à droite et particulièrement à gauche, il tend même à adhérer aux extrêmes. Et le parti présidentiel pourrait bien avoir la tentation paradoxale de se battre contre tous.

Que lui est-il arrivé, à notre président ? Il est possible qu’il ait pensé qu’il était effectivement, l’antidote au FN. Peut-être a-t-il cru que le FN était une maladie de la raison ? Un « populisme », effectivement. Donc il aurait cru qu’il n’avait rien à faire. Alors que, au contraire, il aurait dû chercher à comprendre, comme on a, au moins, tenté de le faire en Angleterre et aux USA, ce qui suscitait le vote extrême, afin de lui couper l’herbe sous le pied ?

L’énantiodromie résulterait-elle d’une paresse de la raison ? Lorsqu’elle arrête de ramer, elle se fait prendre dans des courants qui lui font faire marche arrière ? Roue libre interdite ?

Cheveux

Nos cheveux valent de l’or ? C’est une question que me pose une émission de la BBC. (Gone today, hair tomorrow.)

Jadis, on échangeait des boucles de cheveux. Aujourd’hui, on spécule sur le cheveu de la vedette. D’ailleurs, à qui appartient-il ? A la vedette ou au coiffeur ?

A ce sujet, le coiffeur a peut-être une chance à exploiter, me dis-je. Il a intérêt à coiffer les vedettes, certes. Mais il y a mieux : nos cheveux contiennent notre ADN. Or beaucoup de monde, plus ou moins bien intentionné, désire acquérir le patrimoine génétique humain…

Une idée de diversification pour la Mafia ?

CIA

L’histoire de la CIA, depuis ses origines, racontée par une employée qui y a connu une carrière exemplaire. (Central Intelligence, BBC4.)

Cela donne une forte impression d’une équipe de pieds nickelés… D’une part les opérations de la CIA sont d’extraordinaires improvisations, qui, lorsqu’elles réussissent, résultent de l’effet heureux d’un invraisemblable hasard ; d’autre part, sa vision à court terme produit des conséquences imprévues qui finissent par lui retomber sur le nez. En écoutant l’émission, on n’est pas loin de penser que tous les problèmes actuels de la planète viennent de là. En particulier, c’est la CIA qui aurait fait l’Iran moderne. Et, bien souvent, comme en Iran, elle a eu tendance à remplacer des régimes démocratiques par des dictatures. (A noter qu’il semble avéré, mais l’émission n’en parlait pas, que les USA sont à l’origine du renouveau du terrorisme islamique, ayant cru pouvoir l’utiliser contre l’URSS.)

LA CIA a été créée après guerre. Sa mission : lutter contre l’URSS. Depuis les origines sa tactique consiste à employer la technique de la « résistance », c’est à dire de procéder comme durant la dernière guerre, en cherchant à monter les citoyens d’un pays contre le gouvernement que la CIA veut renverser. Mais, initialement, elle n’a personne dans la place. Elle se fait jouer à tous les coups par les Soviétiques. Ils ont alors le monopole du coeur, et ont infiltré, entre autres, les services secrets britanniques. La CIA parvient à remettre en marche un général nazi, qui a conservé des réseaux en Europe de l’est asservie. Mais ils sont aussi infiltrés. Heureusement pour eux, les Russes finissent par découvrir la supercherie soviétique. Les défections se multiplient.

Esprit du temps. C’est une histoire féministe. Les agents de la CIA sont des machos, très bêtes, mais, à chaque fois qu’ils sont sur le point d’échouer, ils sont sauvés par l’intelligence féminine. Ce qui, encore une fois, est une curieuse tactique. Car cela semble signifier que c’est la femme qui est à l’origine des maux du monde…

George Soros

Au temps de la gloire de George Soros, il fallait cent fois moins de milliards que maintenant pour être un des hommes les plus riches du monde. Heureuse époque ?

Sa spécialité était de « parier contre ». C’est ainsi qu’il a gagné son premier milliard en jouant contre la livre anglaise. Elle cherchait alors à se maintenir dans le serpent monétaire, étape de préparation à l’entrée dans l’euro. Il fit mordre la poussière à une nation, jadis maîtresse du monde. Et si George Soros avait rendu possible le Brexit ?

Il dit aussi qu’il a fait tomber les gouvernements communistes.

Curieux homme. Il a mis ses talents financiers au service d’une philosophie (celle de Karl Popper), et il fut un des plus généreux donateurs qui soient.

(Idées venues de Good, bad billionaire, de la BBC)