Transfert de charge

« Le transfert de charge » est un des maux de la société selon la dynamique des systèmes.

Face à une difficulté, l’individu ou la société tendent à choisir une solution de facilité, qui fait croire qu’elle est résolue. En conséquence, elle se reproduit, et on insiste sur l’expédient. L’exemple type du phénomène est l’alcoolisme.

N’est-ce pas ce qui nous est arrivé dans les années 70 ? La société s’est trouvée en crise. Au lieu d’en chercher les causes, elle a préféré quelque belle théorie, qui lui évitait un travail fatigant ? L’Etat n’était pas la solution, mais le problème, comme le disait le bon M.Reagan, par exemple ?

Cela aurait-il été facilité par l’arrivée au pouvoir des diplômés amenés par la technocratie dominante ? Etres de théorie ?

Et maintenant ? L’intellectuel au champ, façon Mao ? Musclons-nous pour nous coltiner la charge ?

Pelle

Nuclear energy stocks hit record highs on surging demand from AI
Amazon and Google deals to deploy small modular reactors are latest step in sector’s revitalisation

Financial times, hier

La ruée vers l’artificier continue à faire la fortune du vendeur de matériel.

PS.

Investors turn to data centres to capitalise on AI boom

Financial times, 21 octobre

Contrainte artificielle

Chinese AI groups get creative to drive down cost of models
01.ai, Alibaba and ByteDance have cut ‘inference’ costs despite Washington curbs on accessing cutting-edge chips

Financial Times du 19 octobre

La contrainte rend intelligent. Et si l’on coupait les vivres à l’Intelligence artificielle ? Peut-être cela nous ferait faire quelques économies d’énergie nucléaire ?

Culpabilité

Dette de la France. Qui est coupable ? Philippe Mabille, de la Tribune, enquête, hier.

Il a joué, nous avons perdu ? M.Macron aurait fait une « politique de l’offre », il baissait les impôts en espérant que cela permettrait à l’économie de croître et d’embellir, et de payer des impôts. Ce qui a échoué. Il n’a pas cherché à améliorer l’efficacité de l’Etat. Et, finalement, il a fait de très coûteux cadeaux électoraux aux retraités, qui ne lui ont pas été reconnaissants.

Est-il le seul danger public ? Le débat concernant la réduction de la dette est une cacophonie d’irresponsabilités.

Etrangement, les perdants du dit débat pourraient être les « classes moyennes ». Ce qui confirmerait un phénomène survenu ces dernières décennies : elles ne sont plus représentées ?

Génération dette ?

La dette publique mondiale est très élevée. Elle devrait dépasser 100 000 milliards de dollars, soit 93 % du produit intérieur brut mondial, d’ici à la fin de cette année, pour s’approcher de 100 % du PIB d’ici à 2030. Cela représente 10 points de pourcentage du PIB de plus qu’en 2019, c’est-à-dire avant la pandémie.

FMI 15 octobre

La dette des Etats est la grande affaire du moment. Il n’y a pas que la France qui soit concernée. Pas loin de nous, les Anglais cherchent à faire 40md de livres d’économie. Ils ne sont pas les seuls.

Que nous est-il arrivé ? Une hypothèse, inspirée par l’expérience de l’entreprise : nos gouvernements ont investi dans des projets qui n’ont pas donné ce qu’ils attendaient d’eux.

En tous cas, nous nous trouvons devant une question nouvelle : l’Etat est désormais privé de son outil d’intervention favori : la dépense publique. Comment relancer le pays sans elle ?

Voici un « challenge » que nous laissons à nos enfants ? Une preuve de confiance en leur talent ?

The siege

On a oublié la prise d’otage de l’ambassade d’Iran à Londres. La BBC la racontait : The siege.

Elle la faisait vivre de l’intérieur. Une minorité religieuse est opprimée par l’Iran. Elle est manipulée par l’Irak. 6 jeunes amateurs sont formés par Abou Nidal (en ces temps, les Palestiniens étaient du côté irakien ?) et envoyés prendre des otages à Londres. Ils sont tellement mal préparés qu’ils ne se rendent pas compte qu’un agent de sécurité a conservé une arme sur lui. Ils sont perdus. Ils relâchent des otages sans contrepartie, ce qui permet aux assiégeants de savoir ce qui se passe dans l’ambassade. Finalement, les SAS (les troupes d’intervention des services secrets dont jusqu’ici l’Angleterre niait l’existence) interviennent et liquident les terroristes. (Sauf un, un innocent, protégé par les otages.) Triomphe de Madame Thatcher.

L’histoire n’est que bruit et fureur ?

Surtourisme

Surtourisme, un terme que j’ai découvert post covid.

Maintenant, il en est question partout. Les lieux « touristiques » sont envahis. Venise, la Grèce… décident de sévir.

Résultat du confinement ? Je me demande plutôt si ce n’est pas la conséquence de l’enrichissement des pays pauvres. Il en résulte l’adoption du modèle occidental, qui n’est pas durable, d’une manière générale.

Comment convaincre nos concitoyens étrangers de ne pas nous imiter ? En inventant un modèle vertueux qu’ils aient envie d’imiter ?

Ingénieur français

L’industrie est de retour. Peut-être aussi va-t-on redécouvrir les mérites de l’ingénieur ?

Un ingénieur me disait qu’il avait tout appris des classes préparatoires. C’est vrai que ces classes sont le propre de notre système scolaire. Deux différences avec ce qui se pratique ailleurs : ailleurs, l’ingénieur est relativement peu considéré, car ce n’est pas un intellectuel, un homme du « logos » ; et ses études lui apprennent un métier. Chez nous, la formation de l’ingénieur sélectionnait une forme de pensée particulière, jugée supérieure par ceux qui la possédaient. L’ingénieur apprenait son métier sur le tas. (Et les écoles d’ingénieur ne servaient à rien.)

Au cours de ma vie, j’ai fait des constats curieux. Les étrangers qui étudient dans nos grandes écoles, et qu’elles ont sélectionné, n’ont pas l’esprit que l’on prête à notre ingénieur. En revanche on trouve cet esprit chez l’autodidacte. Il est probablement, donc, propre à notre culture. Il s’apparente quelque peu au « système D ». C’est une façon radicale de simplifier une question, avec tout ce que cela signifie en termes de bien et de dissolution qui vous explose à la figure.

Jadis les ingénieurs étaient de petites gens. Ils travaillaient de leurs mains. Et passaient leur vie à résoudre des questions pratiques. Depuis que leur esprit ne subit plus le contrôle de la matière, il se perd dans ce que Paul Watzlawick appelait un « jeu sans fin ». Remettons l’ingénieur au travail ?

Anniversaire

Ce blog a toujours une guerre de retard. (D’autant que ses billets sortent longtemps après avoir été écrits.) Que penser de la façon dont notre société a parlé de l’anniversaire de l’agression du Hamas contre Israël ?

Il me semble avoir noté un changement notable de l’attitude de la presse que je lis. Pour une fois, elle se plaçait du côté israélien. Peut-être a-t-elle pensé qu’il y avait des victimes en Israël et que cela se fait de montrer sa compassion.

En tous cas, ce qui me surprend toujours, depuis le début, c’est que l’attentat n’ait semblé, initialement, provoquer la moindre émotion, alors qu’il était bien plus violent que le 11 septembre américain, et qu’il touchait un pays qui ne représente même pas 5% des USA.

Ensuite, pourquoi ne s’interroge-t-on pas sur la culpabilité des terroristes ? Non seulement, ils ont trouvé louable d’infliger un traitement atroce à des innocents, mais, en outre, on ne peut que croire qu’ils ont cherché consciemment à faire massacrer leurs femmes et leurs enfants, de façon à déclencher une guerre. Et s’ils avaient voulu faire sortir leur propre peuple de sa passivité, le forcer au sacrifice ?

Une autre question : qu’aurait pu faire la justice face à un crime d’une telle barbarie ? Notre responsabilité collective est peut-être là : laisser s’installer des situations qui sont en elles-mêmes des « crimes contre l’humanité » ?

Au delà du bien et du mal ?

Avec l’âge, je constate mes torts. Honteux et confus. Mais un peu tard, dirait le corbeau de La Fontaine.

L’un d’entre-eux est d’avoir souvent claqué des portes, pour avoir constaté des illégalités dans le comportement de mon entourage de l’époque. J’avais raison mais qu’est-ce que j’y ai gagné ?

Paradoxalement dans mes missions de conduite du changement, autrement dit lorsque je veux atteindre un objectif qui compte pour moi, j’adopte un point de vue totalement différent. Je pense qu’il faut faire avec les gens, que leur comportement s’explique par quelque logique que je finirai bien par comprendre un jour.Je suspends mon jugement. Et, effectivement, à la fin de la mission, je constate que j’ai eu raison.

Enseignement ? Ne nous arrêtons pas aux apparences ?

(Pour être honnête, j’ai rencontré quelques personnes, rares, qui n’ont « pas de logique » : elles ont un comportement qui correspond à ce que Gregory Bateson a jugé être la cause de la schizophrénie : elles disent une chose et en font une autre, et rien ne peut les remettre d’aplomb.)