Couleur oeillet

Curieuse histoire que celle des mots. Originellement, la rose n’était pas rose. Et le mot « rose » ne correspondait pas à une couleur. Ce que nous appelons « rose » était qualifié « d’incarnat ». Puis la rose est devenue rose, et son nom est devenu une couleur.

Un phénomène identique serait survenu en Angleterre. Mais il aurait concerné l’oeillet. Si bien que « rose » se traduit par « pink », oeillet.

Voilà ce que disait Concordance des temps de France culture, la semaine dernière.

Ukraine : la fin ?

La BBC se demandait ce que le futur président américain allait faire de l’Ukraine. (BBC : How might the next US president affect the war in Ukraine, The inquiry, 24 octobre.)

Apparemment, les deux candidats veulent mettre un terme au conflit.

La stratégie de Donald Trump, dont, curieusement, il était essentiellement question, serait de menacer M.Poutine d’une guerre bien plus terrible, s’il ne se montre pas raisonnable. (Lorsque je dis, suite à d’autres informations, que M.Trump veut abandonner l’Ukraine, j’ai tort, semble-t-il.)

Les deux camps auraient besoin de se « refaire ». Mauvaise nouvelle : M.Poutine, pour pouvoir attaquer de plus belle.

Quand à l’Europe, il va falloir qu’elle comprenne qu’elle doit se réarmer.

(Une autre mauvaise nouvelle en ces temps de rigueur budgétaire. Mais, cela, l’émission n’en parlait pas.)

Phénomène Trump

M.Trump pose un problème à ses opposants, lisais-je : ce qu’il promet ne peut qu’avoir de terribles conséquences, mais personne ne le prend au sérieux !

(Un autre observateur pensait que, comme M.Poutine, il est imprévisible : c’est la caractéristique d’un négociateur.)

L’élection américaine paraît se jouer sur autre chose que la raison.

Peut-être d’ailleurs que la raison a fait son temps ? Lorsque l’on considère ce que peut produire un dirigeant raisonnable, tel que MM. Macron et Cameron, il est peut être raisonnable d’étudier d’autres possibilités ?

(Je note que Macron et Cameron sont quasiment fait des mêmes lettres. En hébreu, qui n’utilise que les consonnes, ils seraient identiques. Y a-t-il quelque part dans un écrit de la cabale ou autre Nostradamus une annonce de la fin des temps dont le signe serait ces lettres ?)

L’économiste et le philosophe

En relisant des articles écrits par Simon Johnson, je retrouve l’époque de la crise de 2008, et les économistes qui prédisaient la fin du monde.

Il est surprenant à quel point les gens importants peuvent se tromper. Ainsi, les autorités de la philosophie, dans les années 60, nous traitaient tous de Nazis et prévoyaient un imminent totalitarisme.

Bien sûr tout cela passe au dessus de la tête du gros de la population, qui considère l’intellectuel comme un « Charlot », selon un qualificatif appliqué à M.Macron par un interviewé de la BBC. Mais le Charlot a du pouvoir.

Et il n’y a peut-être pas que des erreurs dans ses dires. Et peut-être que ses erreurs sont riches d’enseignement ? N’est-ce pas une tentative d’usage de la raison ? Etudions les ?

Haymarket

On devrait à « l’affaire » de Haymarket nos défilés du premier mai.

Le 4 mai 1886, des anarchistes américains organisent une manifestation à Chicago, afin de réclamer la semaine de 8 heures. Alors qu’elle va se terminer calmement, une bombe est lancée sur des policiers. Il s’ensuit une fusillade confuse. Les organisateurs de l’événements sont arrêtés, et pendus. Alors qu’ils sont innocents. Le motif de la condamnation est incitation à la violence. (Ce qu’ils faisaient, effectivement, dans leurs journaux.) Ils sont réhabilités l’année suivante.

In our time de la BBC parlait de cet événement. Il ressortait de l’émission que les USA, alors, étaient extraordinairement violents. Le droit du travail n’existait pas. La règle était l’affrontement armé ! En outre, ils étaient le refuge des révolutionnaires européens qui poursuivaient leur combat sur leur sol !

L’histoire expliquerait-elle le spectacle qu’ils nous donnent actuellement ?

Faible constitution

Je ne suis pas le seul ! me dis-je. Je lis les travaux d’un spécialiste de la constitution. Comme moi, il estime que seul le référendum devrait pouvoir changer la constitution.

Pourquoi n’est-ce pas ou plus le cas ? Mon hypothèse, très « théorie du complot », est que nous sommes dirigés par une « élite » qui veut faire, comme tout élite, notre bien contre notre volonté. S’il y a « élite » cela ne signifie-t-il pas que la masse est animale ?

Justice ?

1974. Attentats de l’IRA. La police met la main sur quelques pauvres types. Les fait avouer. Masque les preuves qui les disculpent. (Y compris les confessions des véritables coupables !) Ils sont jetés en prison. La plus haute justice du pays s’oppose à la révision de leur procès. (Bombers, Archive on 4, BBC.)

De temps à autre de telles erreurs judiciaires continuent à émerger, en Angleterre. Dernièrement, il y a eu la question des postiers (ou « sous-postiers »), qui ont été « massacrés » par un système d’information pourri.

Je me suis demandé si elles étaient si exceptionnelles qu’on le dit. Tout cela semble résulter d’un « système » (au sens systémique du terme), qui fait qu’il faut obtenir des résultats sans moyens, et que la police en vient à des expédients, et que la justice obéit à des impératifs politiques ou autres, qui n’ont rien à voir avec la justice. Et que c’est celui qui ne peut pas se défendre qui en est victime.

Changement en France

En France, le mot « changement » semble produire un malaise. Pourquoi ?

Suite du billet précédent.

A un moment, je demandais à mes étudiants ce qu’ils entendaient par « changement ». Il en ressortait un bruit confus. Je regrette maintenant de ne pas avoir mieux fait mon enquête.

Je m’interroge. Nos contemporains n’entendraient-ils pas « changement » ainsi : le changement est immédiat, c’est un dû. Le changement, c’est maintenant ! Le changement comme « pensée magique » ?

Or, le changement est une question de technique, de besogne. Un travail de poète et de plombier dit James March. Car tout le monde doit y trouver son compte ! L’a priori français ne peut conduire qu’à l’échec, à la déception. A la théorie du complot ?

On peut aussi apercevoir une autre facette du malaise : lorsque l’on sait que l’on est dirigé par des innocents qui ont de tels concepts erronés en tête, on ne peut que craindre d’en être victimes.

De l’importance de bien définir les mots, dirait Confucius ?

Qu’est-ce que le changement ?

Qu’est-ce que le changement ? me demande-t-on.

Je dirais plutôt, qu’entend-on, actuellement, par « changement » ?

Le changement est le propre de la vie. La seconde loi de la thermodynamique, une des lois dont on est le plus sûr, affirme que l’univers est en transformation permanente. D’ailleurs, temps est équivalent à changement.

Donc « changement » doit s’entendre autrement. « Changement » signifie, quand je l’emploie, « conduite du changement » : dans ce changement permanent, comment fais-je pour aller dans une direction qui me convienne ? Pensons au canoë pris dans des rapides.

Et là, on en arrive à un résultat fondamental. La « réalité » n’est pas « informe », elle a une sorte de « structure ». Nous suivons des lois, par exemple. Avec ou sans dieu, tout n’est pas permis. Mais cette structure nous est cachée. Spinoza ou Descartes disent ainsi que nous devons adopter une « méthode » et nous méfier de nos « passions ». Notre récompense, c’est le bonheur. C’est d’arrêter de se taper la tête contre les murs.

Je crois que cette acception de « changement » est arrivée en France au début des années 2000, avec l’avénement de l’ERP. Les cabinets de conseil appelaient sa prise en main par une organisation « conduite du changement ». Aux USA, patrie des dits cabinets, le changement est étudié en école de gestion (où je l’ai découvert dans les années 90).

Un précurseur français de cette définition de changement est Michel Crozier, après guerre. Seulement, en dépit de remarquables succès, il ne semble pas avoir fait école.

Je soupçonne que les travaux scientifiques modernes le concernant remontent à Kurt Lewin durant la guerre. Il voulait éviter un retour du nazisme, qu’il croyait le propre du « changement dirigé » (le changement à la française). Il a étudié tous les thèmes que l’on retrouve aujourd’hui dans un cours de MBA, en particulier celui de « leader » (traduire « Führer »). Lui-même est le fruit de la pensée de langue allemande qui a apporté à la science, jusque-là anglo-saxonne, donc individualiste, atomique, une dimension collective, sociale, systémique.

Bien entendu, on n’a pas attendu Kurt Lewin pour étudier la question du changement. Platon, par exemple, voit le changement comme la victoire du bien sur le mal. Aristote adopte l’approche technique, anglo-saxonne. Toute la pensée classique chinoise est une pensée du changement, en termes de technique. Etc.

Temps pourri

Mon garage n’est-il pas inondé ? se demande une voisine. D’après des statistiques, en un mois, nous avons reçu trois fois la moyenne annuelle de pluie.

Mais que veulent dire les moyennes ? Il semble qu’il y ait des régimes météo, avec des années pluvieuses, et d’autres sèches. Le seul cas qui ne se présente jamais est la moyenne ?

Jusque-là je ne me préoccupais pas de météo. A Paris, je passais de métro en métro, puis en bureaux surchauffés et éclairés, et parfois en cinémas. Ce qui me l’a fait découvrir, ce sont la banlieue et le télétravail.