Spinoza

En relisant mes notes sur Spinoza, je me demande s’il ne dit pas quelque-chose de simple.

Si le sort ne nous sourit pas, cela tient à ce que notre interprétation de la « réalité » est incorrecte. Il faut chercher à la corriger. Et ce qui brouille notre vision, ce sont nos « passions ». Une partie du travail consiste à les comprendre.

Tout le reste, Dieu ou la mathématique euclidienne qui représenterait le monde, est inutile. D’ailleurs, ce pourrait être une illustration de la théorie de Spinoza : il fut induit en erreur par ses « passions » ?

Grand ours malade

Les ours polaires se porteraient moins bien que par le passé. Le « changement climatique » est en cause. (Informations de la BBC du 24 octobre.)

Intéressante observation. Petit à petit est entré dans nos idées que le « changement climatique » était anormal et que nous en étions la cause. Autrement dit, l’homme a la capacité de stabiliser définitivement le climat ! La fin du changement, c’est maintenant !

Dommage qu’il ne soit pas arrivé plus tôt : nous croiserions encore des dinosaures !

Le penseur

Croyez-vous au réchauffement climatique ? Ce qui m’a frappé lorsque je suis sorti de mes études c’est à quel point notre monde était devenu un univers de certitudes. On était supposé « savoir ».

Mais qui a jamais su quoi que ce soit ? Tout au plus peut-on dire que nos grands hommes ont fait des contributions à notre pensée collective. Alors, à quoi pouvons-nous prétendre, nous, simples mortels ?

Tout ceci est peut-être une conséquence de ce que nous sommes devenus une nation de diplômés, d’intellectuels. Et l’intellectuel « sait ». Ce qu’il ne supporte pas, ce n’est pas tant la contradiction (combattre les ténèbres et le complot est la justification de son statut) que le doute ?

Inspirons-nous du penseur de Rodin ?

Nobel de la classe moyenne

Acemoglu invite les démocraties à cesser de s’appuyer sur un personnel politique déconnecté et sur une bureaucratie qui produit des technocrates sophistiqués mais enfermés dans des certitudes intangibles. Le changement qu’il appelle de ses vœux consiste à cesser de produire des politiques dont le but, souvent inavoué, est de servir les désirs des élites et des entreprises. Autrement dit, il s’agit de reconnaître que les citoyens ont de bonnes raisons de se sentir ignorés, voire méprisés.

Article

Nouvelles des derniers prix Nobel. Selon une de mes thèses, ils sont d’actualité. Et, curieusement, cette actualité semble être l’opinion de ce blog…

Là où il peut y avoir divergence, c’est sur la façon de mener le changement. Mais cela est une autre histoire.

Crimée, notre Munich ?

Je n’y avais pas pensé à l’époque. La Crimée fut-elle notre Munich ?

Il est probable que celui qui aurait prêté l’oreille aux discours de M.Poutine aurait compris ses intentions, et qu’en lui donnant le doigt, il prendrait le bras. J’ai toujours tort, une fois de plus.

Mais, dans ces conditions, M.Obama encore plus que moi, car c’était lui qui aurait pu changer le cours de l’histoire.

Enseignement : de l’utilité d’être « in quiet », et de prêter attention à l’autre ? Pour vivre heureux, ne vivons pas caché ?

(Une idée qui me vient de la BBC : How might the next US president affect the war in Ukraine, The inquiry, 24 octobre.)

Sens des mots

Sophisme, cynisme, scepticisme, utilitarisme, critique… Il est curieux comme certains mots changent de sens en leur inverse. Il en est de même « d’élite », qui est devenu un terme de mépris.

D’autres, comme stoïcisme ou épicurisme, s’en tirent un peu mieux. Dans leur cas, le sens a été affadi, en quelque-sorte neutralisé.

Phénomène d’ensemble : « sinistrisme », notre vocabulaire tend à être déformé de façon à nous encourager à la dépression ?

Quel enseignement en tirer ? Peut-être, comme le dit Thucydide, que les mots servent à nous manipuler. Et que l’on finit par s’en rendre compte. Ce qui leur fait perdre leur sens ? C’est comme cela que notre société devient « chiante » ?

Antidote ? Sous les pavés la plage, en revenir aux intentions initiales ?

La corde et le capitaliste

Lorsque la Chine tousse, le monde s’enrhume ?

Paradoxe : depuis pas mal de temps, je lis des articles alarmistes : la Chine va-t-elle parvenir à relancer son économie ?

Pourquoi s’inquiéter pour elle, puisqu’elle déclare haut et fort qu’elle veut balayer l’Occident, les USA lui sont officiellement hostiles, l’Europe s’interroge ? Mais le capitaliste, lui, ne voit que le court terme. Au fond, il est l’ennemi du changement. Greed and fear, comme dit l’Anglais. L’illustration de la banalité du mal ?

The big one ?

Nous sommes entrés dans une période de crises. Covid, Ukraine, Inflation, Moyen-Orient… La prochaine sera-t-elle la bonne ?

Quelle pourrait-elle être ?

La France ressemble à bien des multinationales modernes. En période faste, elle dépense sans compter. Puis elle a recours aux plans sociaux. France Télécom fut comme cela : 70md de dettes dues à une folie d’acquisitions grossièrement surévaluées, puis entrée en piste des « cost cutters », qui firent payer ceux qui n’avaient rien à voir avec la crise, et suicides.

Notre président a dépensé, maintenant les fous de l’impôt ont « a licence to kill », dirait James Bond ? Et il va falloir compter avec Trump, qui veut bâtir un mur protectionniste et laisser choir l’Ukraine ? Le choc qui produit un cercle vicieux ? Le scénario grec ?

L’homme et l’énergie

L’évolution humaine pourrait s’expliquer par une question d’énergie disait un cours du Collège de France. Une énergie consommée par le cerveau. Cela ressemble à ma vie professionnelle : l’histoire de notre espèce est celle d’un permanent « reengineering » de façon à faire des économies d’énergie d’une part, pour que, d’autre part, le cerveau puisse consommer toujours plus.

La bipédie aurait été un premier coup de génie. Puis une modification de notre alimentation aurait permis à notre système digestif de gagner massivement en productivité. Gain récupéré par le cerveau. Enfin, la conception de l’enfant, elle même, serait optimisée.

Il commence par avoir un exceptionnellement petit cerveau, par rapport aux autres primates. Si bien que, dans le ventre de sa mère, il consomme peu. Sorti de là, ce cerveau se développe rapidement, consommant initialement 70% de l’énergie qu’il reçoit. La mère ne peut y suffire, et le sèvre rapidement. C’est alors à la communauté de l’alimenter.

(Prochaine étape : transhumanisme, de façon à pouvoir utiliser l’énergie des centrales nucléaires ?)

Couleur oeillet

Curieuse histoire que celle des mots. Originellement, la rose n’était pas rose. Et le mot « rose » ne correspondait pas à une couleur. Ce que nous appelons « rose » était qualifié « d’incarnat ». Puis la rose est devenue rose, et son nom est devenu une couleur.

Un phénomène identique serait survenu en Angleterre. Mais il aurait concerné l’oeillet. Si bien que « rose » se traduit par « pink », oeillet.

Voilà ce que disait Concordance des temps de France culture, la semaine dernière.