Talent anglais ? Spécialité culturelle ? Savons-nous faire les mêmes émissions en France ? La BBC produit des feuilletons concernant la justice. Ils sont passionnants. Cela s’appelle « true crime » et m’amène à m’interroger sur la justice et sa possibilité.
« Inside murder trial ». Drôle d’affaire. Une femme et un enfant disparaissent, pas de corps, sont-ils morts, ou ont-ils fait une fugue ? Un procès écossais jugé 46 ans après les faits. Faits que j’aurais pu connaître : il se trouve que j’étais en Ecosse quelques mois avant…
La série expliquait la marche de la justice. La partie civile cherche à accumuler le maximum de faits curieux, le rôle de la défense est de faire germer le doute dans l’esprit des jurés, car, dans le doute, on s’abstient. Et comment ne pas douter dans ce cas ? D’ailleurs, la mémoire humaine n’est pas du tout fiable.
Comme il semble que ce soit toujours le cas, un procès est une lutte des classes, entre l’intellectuel – avocat, et le policier – homme du peuple. Le policier enquête à l’intuition et au bon sens, ce qui lui fait faire une quantité d’impasses qui fournissent à l’esprit élevé des raisons de douter. Avec un bon avocat, le crime est parfait ?
Je m’apprêtais à douter. Et pourtant, étrangement, ce ne fut pas le cas. L’empilage de faits curieux me donnait une quasi certitude de la culpabilité de l’accusé, et de la complicité de son épouse. Et le jury m’a suivi. Ce faisant l’expédiant en prison pour le reste de ses jours, soit 5 mois.