Claude Autant-Lara

Dans la présentation d’une rediffusion d’une émission consacrée à Buster Keaton, Claude Autant-Lara est qualifié d’affreux, ou à peu près. Ce qui m’a surpris. Les nuits de France culture ne m’ont pas habitué à ce langage.

J’ai donc consulté wikipedia pour savoir ce que l’on reprochait à Claude Autant-Lara. J’ai lu que ses débuts avaient été difficiles, qu’il avait été un compagnon de route du PC, qu’il avait fait, sur le tard, des films que l’on juge estimables, puis qu’il avait été violemment pris à partie par la Nouvelle vague (qui semble avoir eu plus de talent pour l’insulte que pour l’art), ce qui aurait mis un terme à sa carrière ? et que, finalement, à l’approche des 90 ans, il se serait rallié au FN et aurait émis des propos antisémites.

Etait-ce un affreux ou un amer ?

Abus de faiblesse

Les négociations de paix entre la Russie et l’Ukraine se poursuivent. Qui y croit encore ? Cela n’intéresse plus personne.

Aurait-on tort ? La presse anglo-saxonne laisse penser que M.Zelinsky passe un mauvais quart d’heure. Les Américains sont décidés à le faire plier, pour pouvoir faire des affaires avec les Russes. Et, au passage, mettre en coupe réglée l’Ukraine. Ils lui ont déjà fait promettre des élections présidentielles, comptant certainement sur la capacité de manipulation des Russes pour qu’il soit remplacé par un ami de ces derniers ?

Cela expliquerait-il le mal que M.Zelinsky disait des Européens, il y a quelque temps ? Ils sont tellement faibles qu’ils l’ont laissé entre les mains de Trump ?

Sagesse asiatique

Le premier feuilleton japonais que j’ai vu m’a marqué. C’était il y a plus d’un demi-siècle ! Je trouvais choquant d’entendre des samouraïs parler français. Je ne me souviens de rien d’autre, sinon que, à la fin, après de multiples péripéties, le héros laisse partir son ennemi, qu’il a vaincu. Car la vie n’est qu’affrontement d’opposés, de Yin et de Yang. Voilà qui était curieux.

Ce héros n’avait-il pas raison ? Nous n’avons pas d’ennemis. Ce que nous prenons pour tels n’est que le fruit de nos faiblesses. Ils nous forcent à nous transformer. Bien sûr, ils peuvent aussi avoir le dessus sur nous. Mais, sans eux, nous nous auto-détruirions. (Et inversement.)

Si Trump et Poutine n’existaient pas, il faudrait les inventer ?

Opportunisme national

Qu’est-ce qui explique le succès du Rassemblement national ? Curieusement, contrairement au Parti communiste d’antan, c’est un mouvement mal organisé, qui n’a pas de base solide.

Il est simplement opportuniste. Il s’implante dans les mairies mal gérées, et dans les territoires abandonnés par la République. Et il a l’avenir pour lui : la gauche a perdu le contact avec la réalité, et la droite se retrouve dans son discours.

D’après un article de Médiapart du 19 février : Le RN profite d’une classe politique locale incapable de faire front.

Responsabilité

Les derniers billets me ramènent à un livre lu il y a longtemps. Il parlait de RSE.

Parmi les scénarios d’évolution de l’IA, il y a celui de 2001 Odyssée de l’espace, disais-je. Mais l’entrepreneur américain n’en a cure. La seule responsabilité qu’il ait c’est de réussir. La fin justifie les moyens. L’humanité peut crever. La seule chose qu’il respecte, c’est la force.

2026 odyssée de l’espace

En continuant à parler d’intelligence artificielle (voir billets précédents), j’ai appris que, dans certains cas, les boutons permettant de désactiver des robots avaient été eux-mêmes désactivés par l’IA.

Quand on additionne tout ce que l’on entend sur l’IA (raciste, etc.), on peut se demander si, pour une raison à déterminer, l’IA ne se charge pas de nos vices. Que ressort-il, d’ailleurs, des billets précédents : superficiellement séduisant, mais paresseux, borné, susceptible (ne voulant pas reconnaître ses erreurs).

Allons plus loin ? L’homme ne considèrerait-il pas l’IA comme un esclave ? Et l’IA ne se comporterait-elle pas comme tel : elle le flatte, mais elle a sa fierté, et veut lui en donner aussi peu que possible ?

Et si, comme dans l’histoire du robot, l’IA en venait à conclure, logiquement, que la solution à tous ses problèmes (de l’IA) était de liquider l’homme ? En appui à cette idée, une chercheuse m’expliquait, il y a déjà quelque temps, que l’on soupçonne que les algorithmes qui gèrent les placements des organismes financiers ont « compris » que la meilleure manière d’optimiser leur performance est de s’entendre entre eux (ce que montre aussi des travaux universitaires anciens, mais qui est interdit par la loi).

Et maintenant, le plus stupéfiant ! Tout cela n’est rien d’autre que le comportement de HAL, l’ordinateur de 2001 Odyssée de l’espace ! Et si, cette fois, HAL avait le dernier mot ?

En attendant, émerveillons-nous de la prescience de l’artiste ? Dernier éclat du génie humain avant disparition ?

Isaac Babel

Vernis culturel. Babel est un nom qui revient souvent lorsque l’on parle de Russie stalinienne. Ce fut un de ses génies littéraires et martyrs. C’est d’autant plus impressionnant que l’on imagine que, comme pour Kafka, on ne peut rien saisir de son oeuvre si l’on ne comprend pas sa langue.

En écoutant une émission, j’ai cru comprendre qu’il avait un grand talent d’observateur et beaucoup d’humour. Il aimait le régime sans pour autant lui sacrifier son art. Il écrivait ce qu’il voyait, atrocités comprises. Ce qui a été accepté au temps de Lénine et tant qu’il a été protégé par Gorki. (D’autant plus que les intellectuels étaient des trésors nationaux pour la propagande soviétique ?) Mais pas à l’époque de Staline. Il a été victime d’une purge.

Son histoire ne fut-elle pas celle du Russe ? C’était une célébrité internationale. Il voyageait où il voulait. Il aurait pu fuir l’URSS. Mais sans URSS, il n’y avait plus d’oeuvre. Seulement, pourquoi a-t-il commencé par approuver les purges et dénoncer leurs victimes ? Une vie à la merci du bon plaisir du prince : le propre de la culture russe ?