Intelligent pape ?

Lorsque le pape a été élu, j’ai entendu dire qu’il avait choisi son nom en hommage à Léon XIII. Il était aussi question d’intelligence artificielle… Voici qui ne pouvait que m’intéresser. Et voici ce que dit wikipedia :

His papal name was inspired by Pope Leo XIII, who developed modern Catholic social teaching amid the Second Industrial Revolution. Leo XIV believes the ongoing Fourth Industrial Revolution, particularly advances in artificial intelligence and robotics, poses « new challenges for the defense of human dignity, justice, and labor ».

J’entendais aussi des interviews de pèlerins, qui parlaient de « perte de sens » (génération Z ?) et de l’importance des « traditions ». Et j’ai appris que l’église était particulièrement forte en Afrique.

Hyper matérialisme, hyper individualisme égale perte du nord ? L’homme a besoin de retrouver ses repères existentiels ? La mission éternelle de l’Eglise ? Mais comment le pape se tirera-t-il du lavage de cerveau collectif ? Le « simple d’esprit », degré ultime de l’intelligence ? On ne voit bien qu’avec le coeur ?…

Pape américain

Election du pape. « Il a l’air sympathique » me dit une amie. Toutes affaires cessantes, je me penche sur son cas. J’écoute la BBC. Je vais jusqu’à lire les articles que citait le wikipedia anglais. C’est la première fois que je m’intéresse à un pape.

Le plus intéressant ? Des témoignages de paroissiens qui le connurent dans sa jeunesse. L’église tenait une place centrale dans la vie d’une communauté de gens simples. A l’opposé du puritanisme et du fanatisme si fréquent aux USA. (Anti Vance ?)

Le pape paraît avoir été mu par une vocation « évidente ». Eternel meilleur élève, il a fait le choix précoce de l’église, a fait carrière en Amérique latine, où il semble considéré comme un local. Il a connu, ces derniers temps, une promotion accélérée. Il semble que le pape, son prédécesseur, l’appréciait grandement.

Heureux les simples d’esprit ?

(Il est surprenant à quel point sa fiche évolue rapidement. Elle contient maintenant toute une description de son arbre généalogique, il y aurait du Français (du Havre), de l’Italien, du créole… on parle d’ancêtres « mixed race » – serait-il noir, selon la définition américaine ? Pape « arc en ciel » ?)

Ciel

Dimanche matin, un hasard me fait écouter une émission religieuse de la BBC. Elle se demande qui sera le prochain pape. Elle conclut, avec d’autres, que les voix du conclave sont impénétrables. Il faut une très forte majorité pour être élu, ce qui favorise les inconnus.

Quant au précédent pape, on entendait dire qu’il s’était peut-être égaré. Il avait prêté un peu trop d’attention aux sujets de société et pas assez à la mission de l’église : le salut de nos âmes.

Requiescat

Cette semaine fut celle du décès de François premier.

En lisant ce que l’on disait de lui, et ce qu’écrit wikipedia à son sujet (tortionnaire argentin ou pas loin), une fois de plus j’ai eu le sentiment « qu’il était encore plus grand mort que vivant ». Peut-être, aussi et surtout, qu’il nous offrait une accalmie au milieu de la folie ambiante. Ce pape avait quelque-chose d’un « anti Trump ». (A tel point que l’on serait fondé de soupçonner que sa rencontre avec le vice président américain lui ait été fatale.) Devrait-on décréter une mort de pape tous les quatre ans, comme le faisaient les Grecs avec leurs jeux olympiques ? Un super Shabbat qui permette aux hommes de constater les dégâts qu’ils sont en train de commettre ?

Selon les journaux que j’ai lus, les voix du conclave sont imprévisibles. En fait, il me semble que, comme les prix Nobel, les papes sont des produits de leur temps. Celui-ci avait des idées « socialement avancées », dans la mesure où la cohésion interne de l’église le permet. Sur quelle nouvelle tendance sociale surfera le prochain pape ? Voix du peuple voix de Dieu ?

Incurie

Le Pape se paie un auditeur. Idéal. Italien, croyant, une carrière anglaise, PDG de Deloitte. Ils se rencontrent, en privé tous les mois. (Heart and soul, BBC4.)

Tout va bien. Puis notre homme commence à trouver des choses curieuses. Mais tout rentre dans l’ordre rapidement : les cardinaux, qui ne sont pas hommes de chiffres, ont confondu le numéro du compte du Vatican avec le leur. Rien de plus normal. Mais, cela devient de plus en plus bizarre. Cette fois-ci, l’intervention est quasi-divine. L’auditeur est convoqué par le cardinal financier, qui lui signifie, façon Mafia, son licenciement, et l’expédie à la gendarmerie, pour malversations. On n’entend plus parler du pape. Depuis l’auditeur est en dépression, et en procès avec le Vatican pour plus de 9m€ d’impayés, et le cardinal a été reconnu coupable de détournements de plus de 100m€.

Le pape nous donne une leçon de conduite du changement ?

2015, année crises

Mêmes causes, mêmes effets ? 2015 paraît une répétition de la fin des années 90. Alors, vague de crises ? France : « La loi Macron montre les limites de ce qui peut être fait, même avec la meilleure volonté de réforme, si l’espace politique n’a pas été créé auparavant ». En Allemagne, la xénophobie est de plus en plus puissante. Mais elle est encore policée. Postes à la Commission européenne : l’Allemagne et l’Est prennent du poids. Les Anglais en perdent : leurs diplômés sont attirés par les USA et l’Asie. Le Japon va mal, mais la chance pourrait sourire à M.Abe, qui vient de gagner des éléctions. Le Danemark, le Canada et la Russie affirment qu’ils ont des droits sur l’ArctiqueLe Rouble s’effondre. La Russie pourrait passer des moments difficiles. En effet, elle est massivement endettée en dollars. Et l’inflation commence à galoper. Certaines de ses banques pourraient connaître la faillite.
Bulle spéculative chez les valeurs technologiques. Les monstres du domaine jettent l’argent par les fenêtres (« Ensemble, Apple, Amazon, Facebook, Google et Twitter ont investi 66md$ dans les derniers 12 mois »). Et, sauf Apple, rapportent relativement peu. Les fonds d’investissement ont peut-être, aussi, été pris de folie. « Il y a 48 entreprises américaines d’une valeur de plus d’un md$ financées par le capital risque contre huit au pic de la bulle Internet. » Mais l’éclatement de la bulle ne devrait rien avoir de systémique. Mouvement d’ensemble des opérateurs de télécom européens. « Convergence » entre fixe et mobile, et retour vers le marché européen, voire domestique. « Ces entreprises se débarrassent de leurs activités les moins importantes, remboursent leurs dettes et se concentrent sur les marchés les plus rentables. » Comme Google, Baidu innove, et investit dans des innovateurs. En particulier dans Uber. Ce qui semble signifier que le PC chinois, contrairement à beaucoup de pays occidentaux, est favorable à la déréglementation des taxis.
Résilience. On disait que M.Murdoch ne survivrait pas au scandale qui a secoué son groupe. Au contraire. Cela l’a forcé à prendre des décisions judicieuses et ses héritiers ont appris leur métier dans la tourmente. Ce qui n’a été possible que parce qu’ils ne pouvaient pas être virés… (De l’avantage des entreprises familiales ?)
D’après un auteur influent (de plus), les gouvernements européens gèrent la crise en dépit du bon sens. Les Etats auraient dû dépenser. « Faire essentiellement des réformes structurelles dans une récession « de bilan » est l’équivalent de traiter un patient pour son diabète alors qu’il a aussi une pneumonie : les réformes peuvent mettre trop de temps à agir. »
Faut-il remplacer le PIB, comme mesure de bonheur humain ? Peut-être par la « capacité », ce à quoi les gens apportent de la valeur (par exemple de bien manger). Mais c’est difficile à mesurer.
Y a-t-il de la vie sur Mars ? Si oui, elle devrait émettre du méthane. On essaie de savoir si les niveaux de méthane mesurés sont révélateurs de quoi que ce soit. En vain, pour l’instant. Les véhicules électriques sont généralement moins écologiques que les véhicules à essence. Sauf lorsque leur énergie vient du nucléaire ou est « propre ».

L’action du pape est la conséquence des ses humbles origines. Elle reflète « l’expérience des gens ordinaires mais défie les classifications laïques telles que libéral ou socialiste ». Il pense que « aucun problème n’affectant l’humanité ne peut trouver une solution sans considérer ses conséquences pratiques pour les gens ordinaires et sans identifier la volonté de Dieu. »

Saint François d'Assise, saint patron du changement ?

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« Santuario di Banchette-DSCF8844 » di Twice25 & Rinina25 – nostra immagine. Con licenza CC BY 2.5 tramite Wikimedia Commons.


Les racines du ciel de France Culture parlent de Saint François d’Assise. Il aurait changé la société de son époque. Au fond de sa conscience, elle savait qu’elle ne faisait pas ce qu’il fallait. Mais elle ne voyait pas comment mettre ses actes en accord avec sa morale. Saint François lui aurait donné son comportement en modèle. Anxiété de survie et d’apprentissage. Grand classique du changement. 
Et de quel changement s’agissait-il ? Sortir l’homme de son égoïsme (matérialiste ?). Lui faire aimer la « création ». Aussi bien les pestiférés, les SDF de l’époque, que la nature. Le Pape François aurait-il bien choisi son prénom ? 

Chypre, Alibaba et cigarette électronique

Cette semaine, la crise chypriote fait bouillir The Economist. C’est souvent le cas dès qu’il est question de la zone euro. Quant à moi, je crois que l’affaire est particulièrement compliquée, et que l’on ne peut la régler que de la façon dont l’Europe procède actuellement : par essais et erreurs, coups de théâtre et de bluff. Le journal veut aussi que la cigarette électronique se répande partout. Une décision qui me paraît mériter mieux qu’un raisonnement expéditif. (Au passage, j’ai appris que la nicotine et la caféine étaient des poisons antiparasites…)
Alibaba, gigantesque plate-forme électronique chinoise, devrait conquérir le monde et devenir l’entreprise qui vaut le plus cher, dit encore The Economist. Si le gouvernement chinois ne prend ombrage de la concurrence que la société fait, notamment dans les services financiers, aux entreprises d’Etat. Ailleurs dans le monde, l’influence chinoise semble plutôt pacifique. Le pays est surtout guidé par ses besoins intérieurs, et résiste assez peu, finalement, aux exigences des pays qui sont ses fournisseurs. En Russie, Gazprom est l’instrument politique de Vladimir Poutine, ce qui en a fait un monstre inefficace. The Economist le pousse à se réformer. Pour sa part, lapolitique internationale de Barack Obama essaie d’en appeler à la raison, plutôt que de brandir la menace. Jouer sur la responsabilité des gens est plus efficace que d’en faire des assistés (de sa puissance militaire, dans ce cas), disent mes livres. The Economist en doute. La présidente argentine aurait cherché à discréditer le pape. S’étant rendu compte que ce n’est pas dans son intérêt, elle veut maintenant en faire un ami. « Si (la société) considère la presse comme tellement importante que la liberté d’expression doit être protégée à tout prix, alors elle doit éviter la régulation de l’Etat comme la peste ». La liberté de la presse anglaise est menacée. Les scandales provoqués par la presse de caniveau du groupe Murdoch ont conduit les parlementaires anglais (qui ont sauté sur l’occasion ?) à décider de la contrôler.
Rien ne va plus dans le domaine de la distribution électronique. On expérimente pour trouver le bon équilibre entre boutique réelle et virtuelle. Il va y avoir des morts ?
Un livre sur les frères Emmanuel, réussites américaines. Où l’on voit que c’est votre environnement familial qui forme votre caractère. Et décide si vous serez un seigneur. Ou un esclave ?

Le pape et la liberté de parole

Fait exceptionnel, j’ai suivi l’élection du pape. Un mail du FT m’avait alerté. J’ai voulu savoir qui il était. J’ai trouvé wikipedia bien renseigné. Au moins aussi bon que les journaux. Du coup, je me suis dit que ce blog pourrait peut-être appliquer à François le traitement qu’ont subi Obama ou Sarkozy : qui est le pape ? Version 0 des hypothèses. Il ne serait ni de gauche bien pensante, ni de droite possédante. Il aurait conservé les racines de ses origines. Un peu comme Camus, dans un autre camp ?

Mais une nouvelle a effacé les autres. Le pape aurait-il collaboré à la dictature argentine ? Le secret des sources de France Culture évoquait la question samedi matin. Apparemment, la nouvelle viendrait d’une sorte de croisé de gauche appartenant à un journal partisan de Mme Kirchner, ennemie jurée du pape. On reproche surtout à l’Eglise de ne pas avoir reconnu ses torts pendant la dictature. Mais le pape est jésuite et les jésuites se seraient bien comportés. Une photo sensée l’impliquer n’était pas de lui. Pas clair cette histoire. D’ailleurs que savons-nous de ce qui s’est passé ou se passe en Argentine ? Comment pouvons-nous juger ?

J’en suis arrivé à m’interroger sur la liberté de la parole. Est-elle une panacée ? Certaines paroles semblent avoir beaucoup plus de poids que les autres. En particulier, il y a un avantage à l’attaque vociférante. Surtout lorsque qu’elle joue sur quelques mots clés, associés au mal ou au bien. La défense n’ayant pas forcément les mêmes moyens peut être en situation de faiblesse. Comment se faire une opinion dans ce cas ?

J’ai rencontré un exemple de ce type dans une entreprise. Un manager s’en prenait violemment à la direction. Alors que, jusque-là, il était mal aimé, tout le monde avait pris fait et cause pour lui. La direction ne disait rien. On a appris, plus tard, qu’étant engagée dans un processus de négociation avec ladite personne, elle était tenue au secret. Et qu’elle s’était très correctement comportée. Ce qu’a reconnu, après-coup, le manager. 

Le pape et l’appareil

Un billet d’un blog de The Economist (You’ll never live like common people) s’interroge sur l’affaire des préservatifs du pape. Pourquoi a-t-il perdu le contact avec la réalité ?

L’église est une grosse machine, un appareil. S’élever dans sa hiérarchie conduit naturellement à vivre dans un univers très différent du nôtre.

C’est probablement une application de la théorie du « détournement de but » de Robert Merton. Les membres d’une bureaucratie deviennent ritualistes, ils vénèrent les moyens qu’ils ont à mettre en œuvre. De ce fait, ils en oublient la fin à laquelle participe leur organisation.

Compléments :