La science tuée par l’évaluation

« Partout où il y a indicateurs de performance, il y a encouragement à produire l’indicateur plutôt que la performance (…) beaucoup d’articles publiés dans les meilleurs journaux (scientifiques) sont écrits pour être comptés plutôt que pour être lus ».
Effets pervers : copinage, conformisme, autocitation (auteurs et journaux), résultats tronqués. Les premières victimes du système sont les politiques, qui croient pouvoir s’appuyer sur les experts que désigne ce système d’évaluation.
Compléments :
  • Curieux à quel point le ritualisme peut s’emparer des activités humaines, y compris de celles dont la raison d’être est la rationalité.
  • L’OMS en aurait-il été victime ? H1N1 : pandémie négative.

H1N1 : pandémie négative

Il semblerait que la grippe H1N1 ait pris la place de la grippe usuelle. Combinées elles ont tué moins de monde qu’à l’habitude.
Mais l’erreur a eu des conséquences économiques sérieuses et pourrait prédisposer la population à réagir incorrectement à la prochaine alarme.
Raison de cette déroute ? L’OMS n’a pas évalué le niveau exact du danger avant d’alerter la planète. Conclusion de l’article :

Les décisions contestables de l’OMS montrent que ses responsables sont soit trop rigides soit incompétents, soit les deux, pour apporter les modifications voulues au système d’alerte de pandémie – ce qui ne surprend plus d’une organisation critiquable sur le plan scientifique, arrogante et qui n’a de compte à rendre à personne. Elle est peut-être capable d’effectuer une surveillance sanitaire sur le plan mondial, mais son rôle politique doit être considérablement réduit.

L’OMS : nouvel exemple des méfaits du carriérisme ?

OMS

Un expert allemand critique l’OMS (France Culture ce matin). L’OMS serait constitué de spécialistes sur lesquels personne n’aurait de prise, et que l’on soupçonne d’être manipulés par les laboratoires pharmaceutiques. Ils auraient déclenché la pandémie (médiatique) de grippe A. Réponse de l’OMS ? Les gouvernements sont compétents.

Ce qui m’a frappé dans cette déclaration n’est pas tant cette théorie qu’un double parallèle :

  1. L’OMS, comme les banques centrales, fonctionnerait sans contrôle démocratique. Avons-nous vécu une époque où la démocratie était vue comme dangereuse ?
  2. L’argument (prêté ?) à l’OMS serait le même que celui employé par Goldman Sachs pour justifier qu’il pariait contre les produits qu’il vendait à ses clients : ils savaient ce qu’ils faisaient. C’est étrange. D’une part ces organismes nous disent qu’ils sont plus compétents que nous, et que nous devons suivre leurs recommandations sans réfléchir ; d’autre part quand il nous arrive malheur, ils nous expliquent que notre responsabilité dégage la leur…