Les livres à succès anglo-saxons nous ont contaminés. Ils expliquent invariablement qu’il faut imiter les entreprises qui réussissent. Et, effectivement, on dit à la France et aux Français d’imiter les Américains, les Allemands, les Chinois et, récemment, les Grecs, les Italiens et les Portugais.
Ce qui a fait le succès de l’aristocratie d’ancien régime n’était pas les manières de cours, mais les boucheries de ses ancêtres. Si les Grecs se sont sauvés, c’est parce qu’ils ont regardé en face leurs problèmes grecs, et qu’ils ont trouvé un moyen de les résoudre. S’il y a une leçon à tirer de leur exemple, c’est probablement celle-là, et qu’il ne faut imiter personne. Et même n’écouter personne : si mes souvenir sont bons, les ténors de l’économie affirmaient, à l’époque de la crise grecque, que les Grecs étaient condamnés. (Mais ce n’est pas en s’exprimant ainsi que l’on devient une vedette de l’édition.)
Quelqu’un d’optimiste dirait que les conditions sont, donc, favorables, pour que, demain, l’Europe soit un modèle que l’on désire imiter.