Qu’est-ce qui est le plus important ? Liberté, égalité ou fraternité ? Les Lumières répondent : liberté. Rousseau explique que si l’un peut écrabouiller l’autre, il n’y a pas de liberté. Donc il faut une « égalité de puissance« . (Ce qui n’a rien à voir avec l’égalitarisme que nos perfides amis anglo-saxons disent être notre idéal.)
Quand à la fraternité ? C’est le principe de toute société. Ou, plus exactement, ce principe est la confiance. L’économie dit que le « coût de transaction » détermine l’efficacité du marché. Eh bien, si vous avez confiance, il n’y a pas de coût de transaction. D’où la Bourse de Londres et son « my word is my bond« , je n’ai qu’une parole. Et voilà pourquoi le protestantisme est le terreau du capitalisme pour Max Weber : l’éthique du protestant fait que l’on peut avoir confiance en lui, du moins si l’on appartient à sa chapelle. Et voilà pourquoi les économistes « libéraux » sont convaincus que l’on n’a pas besoin d’Etat.
Cela a produit une innovation, au sens du sociologue Merton. Le propre d’une société qui fonctionne est la confiance, donc. Nous sommes des oies blanches. Donc faciles à exploiter. Et le fait que le peuple se laisse exploiter montre bien qu’il est de nature inférieure, et que nous méritons ce que nous tirons de lui, pense l’exploiteur. Doctrine des « ultrariches » ?