La science a bien changé. De mon temps, elle était le fait de génies. Les révolutions succédaient aux révolutions.
Aujourd’hui, ce que m’en disent la BBC, France Culture et Quanta, me fait plutôt penser à de l’artisanat. Certes, tout est infiniment plus complexe qu’au temps d’Einstein. Il y a eu invraisemblable empilage de découvertes. Si l’on ne s’était pas, d’ailleurs, habitué à cet empilage, on pourrait s’étonner de la précision des mesures que l’on est capable de faire. Car elles sont elles-mêmes le résultat d’une quantité de théories et d’hypothèses plus ou moins vérifiées.
Le travail du scientifique ressemble à celui de l’ingénieur. Il bricole. Il cherche, à droite et à gauche, des outils. Il expérimente. Et, surtout, il travaille en groupe. Et il travaille sur des questions infimes. Il appartient à une communauté d’initiés, dans laquelle on s’attribue des prix entre soi. Pour avoir le courage de mener un travail ingrat, il faut bien quelques récompenses ?
La science moderne a fait une découverte. La nature est « complexe ». Croire à l’équation ultime est illusoire. Le temps des démiurges est fini.