Dialectique, drôle de mot. La dialectique est, peut-être, le mécanisme de pensée de l’humanité. C’est une pensée par contradiction. Un concept émerge, qui contredit ce que l’on croyait jusque-là, ce qui conduit à une meilleure idée…
J’ai remarqué que l’idée qui émerge est généralement juste, mais interprétée de manière fausse. Par exemple, à un moment, on parlait de « pragmatisme ». Ce qui était probablement une bonne idée, sauf que la définition de pragmatisme est « utiliser ce qui « marche » sans que l’on sache pourquoi« , alors qu’à l’époque, « pragmatisme » signifiait : « utiliser ce qui ne marche pas (ma solution), parce qu’on n’a rien d’autre« .
Je me demande s’il n’y a pas dans ce mécanisme quelque-chose de systématique, un moteur : l’individualisme. L’individu est en lutte contre la société. De ce fait, il trouve ses failles, qu’il exploite dans son intérêt. Mais, cette solution n’est pas viable, cela conduit à une réaction, d’où progression.
L’exemple de minorité et d’universalisme (un précédent billet). L’universalisme des Lumières a une faille : il ne voit que « l’homme », mais pas la dimension collective de la société (la « culture » des anthropologues). L’individualiste exploite cette faille par la notion de « minorité dominée ». Puisque nous avons tous une « identité dominée », cela produit une guerre civile. On en déduit, alors, que ce n’est pas sain. On a peut être bien quelque chose en commun. L’essentiel. Du « multiple », on est revenu au « un ». Mais on a progressé : l’universalisme est mieux défini.