Après moi le déluge, ai-je toujours pensé. Je n’étais pas satisfait de ce que je voyais, mais je l’acceptais avec cynisme. Peut-être en me disant que cela méritait de disparaître. Mais que ça tiendrait bien le temps de ma vie. Bien entendu, on n’est jamais cohérent. Instinctivement, je me suis toujours battu pour l’intérêt général, convaincu, par exemple, que mes entreprises clientes étaient les plus belles du monde et qu’elles avaient un potentiel fou à développer. (Un prêtre m’a parlé, pour résumer mon cas, de la « parabole du grain de blé » !) Dissonance cognitive, en bref.
Seulement, je me demande si ma résignation n’était pas partagée par la population. C’est en entendant parler d’Oscar Wilde que l’idée m’est venue. Comme Baudelaire, c’était un « décadent », et le décadent vit de l’instant. Avons-nous été tous des « décadents » ? Et, si c’est le cas, qu’est-ce qui a pu produire ce phénomène ?
Surtout, paradoxe, et certainement pas idée très neuve : et si la vie digne d’être vécue était celle qui construit un avenir que l’on ne connaîtra jamais ?