Investisseur artificiel

On raconte qu’une intelligence artificielle gère un café. Elle achète, prend les commandes, fait les menus, embauche et dirige le personnel… Et fait n’importe quoi. C’est un désastre (6000 serviettes…).

Cela en dit aussi long sur les fonds d’investissement. Car tout cela est financé, alors que ce n’est pas le cas de projets utiles. La logique du fonds d’investissement ? La spéculation façon Panurge ?

Intérêt général

Conférence « Les Territoires à l’heures des transitions industrielles ». On s’interroge sur la résistance à certains projets industriels, en particulier aux éoliennes. Une enquête montre que les raisons, contrairement à ce que l’on pense, sont multiples. Un spectateur : les éoliennes n’ont rien avoir avec l’intérêt général, c’est de « l’opportunisme subventionné ». Voilà pourquoi l’on n’en veut pas. Eureka, « il faut remettre de l’intérêt général dans les énergies renouvelables », entend-on dire.

Et s’il fallait remettre de l’intérêt général partout ? Secret d’un changement réussi ?

L’intellectuel et le changement

Victor Basch fut le président de la Ligue des droits de l’homme, avant guerre.

Il a vu la montée du fascisme et les crimes qu’il a immédiatement perpétrés. Il s’est demandé pourquoi l’affaire Dreyfus avait pu secouer toute une nation, alors que l’indifférence était devenue totale. Le Pape doit se poser la même question.

Qu’est-ce qui met en mouvement une nation ? La souffrance ? La famine, comme au temps de la révolution, la crise et la pauvreté à l’époque du fascisme, la dégradation des conditions de vie des Gilets Jaunes. Mais on peut être remué par des idées. Et les intellectuels jouent alors un rôle essentiel, comme au temps de l’affaire Dreyfus. Seulement, il faut que leurs préoccupations trouvent un écho dans le peuple. Ce qui ne semble pas avoir été le cas en ce qui concerne leur combat pour la transition climatique ou la cause palestinienne. Et ils ne paraissent réagir qu’à certains types de signaux. Par exemple à l’affaire Dreyfus et pas aux crises économiques.

Les sociétés ressemblent quelque peu à des machines ? Comment pourrait-on les rendre intelligentes ?

(Remarque : mettre en mouvement une société est, à proprement parler, la tâche de la « conduite du changement », le sujet de ce blog.)

Henri Bosco

Henri Bosco fut un auteur fameux après guerre. Il a disparu de notre mémoire collective. Le sort des célébrités ?

Ou la fin d’un temps ? Le révélateur d’un bouleversement extraordinaire mais ignoré ? Jusqu’à lui et son oeuvre, la véritable religion de l’homme était l’animisme. Vivre à proximité de la nature fait qu’on lui prête une âme inquiétante et fascinante. Elle est habitée d’esprits. Notre monde, citadin et matérialiste, est devenu terne, aseptisé, désenchanté.

France culture.

Intelligente Encyclique

Encyclique du Pape. Que dit-il ? Pour le savoir il faudrait la lire.

De ce que l’on entend, j’en retire qu’il s’interroge sur l’esprit qui anime les promoteurs de l’intelligence artificielle et les conséquences que cela va avoir pour l’humanité.

Trop subtil ? Le pape fait-il l’hypothèse qu’ils ont encore une conscience ?

A moins qu’il ne s’adresse à ceux qui devraient en avoir une, nous ? Le prêche dans le désert est une spécialité de l’Eglise ?

Pauvre France

En lisant Fernand Braudel, je me demande si, guidant son oeuvre, il n’y a pas l’éternelle question qui taraude le Français depuis qu’il est gaulois : pourquoi sommes-nous aussi cons ? Pourquoi la France a-t-elle toujours été à la remorque de l’histoire ?

Aurait-il trouvé une réponse ? Il analyse un fait troublant. Pourquoi, au cours de son histoire, la France s’en est-elle prise à l’Europe et n’est-elle pas partie à la conquête du monde ? Sa réponse : elle était relativement peu peuplée. Et cela tient à une limitation volontaire des naissances, dont le moyen a été connu de tous temps. Elle-même s’expliquant par la pauvreté.

Autrement dit la France n’a pu être conquérante, parce qu’elle était pauvre.

N’est-ce pas, à nouveau, ce qui lui arrive ? Certes, toutes les nations vont mal, mais on nous dit tous les jours que nous « décrochons » par rapport à des peuples semblables.

Trait culturel ? Nous sommes régis par une élite, imbue de la puissance de son intellect, qui ne voit l’utilité du peuple que dans sa force de travail ? Ne tirant pas parti du talent de celui-ci, elle produit un cercle vicieux, qui l’enrage : elle n’a pas les moyens de ses idées géniales ? Elle ne peut que péter au dessus de son cul, et le monde se gausse de son arrogance ?

Point Trump

Où en est le feuilleton Trump ? On n’osait pas l’espérer, mais il paraît enlisé en Iran. Et il pourrait même hésiter à faire une autre bêtise. Il s’en est pris aux immigrés, aux universités, aux droits de douane, à ses alliés, au Vénézuela, à l’Iran, il s’est allié avec les ennemis de son pays… Rien de simple ne semble marcher.

En fait, cela correspond à l’attitude qu’il a eue au cours de sa vie. Tenter un coup et se replier immédiatement au premier revers. Greed and fear. Seulement, il semblait changé : il paraissait être devenu plus méchant que bête.

Il est possible qu’il soit prêt à donner beaucoup à quelqu’un qui pourrait le tirer de cette mauvaise passe. L’heure de M.Netanyahu semble passée. La presse anglo-saxonne paraît penser que M.Trump estime qu’il l’a « niqué ». L’Iran n’était pas un fruit mur prêt à tomber. Qui veut prendre sa place ?

Saint Nazaire priez pour nous

Miracle à Saint Nazaire. On ne sait plus où loger les nouveaux employés dont a besoin l’industrie locale.

Saint Nazaire, et ses chantiers, furent en situation désespérée, selon un récent article du Monde. « La stratégie qui a pu mener à la renaissance industrielle de la ville procède aussi d’un jeu collectif. « En 2012, 12 chefs d’entreprise, tous sous-traitants de STX [l’un des anciens noms des chantiers navals] et qui étaient “monomarché”, se sont réunis pour survivre » » Puis le succès appelle le succès. Un « business cluster » se constitue et va jusqu’à attirer des métiers « étrangers » qui profitent de savoir-faire locaux uniques. Airbus, ainsi y a deux grosses usines.

Schéma que l’on retrouve souvent, voire toujours : un groupe de résistants, une réussite, on vient au secours de la victoire, un tissu extrêmement complexe de métiers apparaît. Voilà ce dont on aurait besoin partout en France !

NB. Revirement des politiques, qui aiment désormais l’industrie : j’ai entendu, il y a quelques années, dans une émission d’écologie, un élu d’une ville (initialement) industrielle qui expliquait sa grande découverte : pour financer ses projets il suffisait de prélever sur l’entreprise ! Beaucoup pensaient comme lui, alors.

Audiard

Le nom Audiard évoque de bons mots. En fait, son talent tenait à ses dialogues. Ils ne me frappent pas par leurs formules heureuses, mais, au contraire, par leur naturel. Curieux, c’était probablement un langage fabriqué, mais qui paraissait naturel.

Est-ce cela le véritable art ? Un artificiel qui paraît plus naturel que le naturel (qu’a essayé de reproduire la nouvelle vague ?) ?

(France culture.)

Edgar Morin

Disparition prématurée d’Edgar Morin. Il me semblait immortel.

Il se trouve que je me suis entretenu avec lui. Je l’avais entendu parler de son passé de résistant. Des espoirs qu’il avait perdus et du miracle qu’avait été la libération. C’est ce miracle qui m’intéressait. Mais il avait à nouveau sombré dans le désespoir. Et la conversation a pris un tour inattendu. Il se trouve que je me suis passionné un temps pour la systémique d’après guerre, puis pour son successeur, la théorie de la complexité, elles rejoignaient mes constats. Seulement, j’en ai aussi vu les limites : le monde n’est mathématique qu’a posteriori. Ce qui fait peut-être que l’enthousiasme qu’on a eu pour elles est oublié. Mais l’enthousiasme d’Edgar Morin, lui, n’avait pas faibli. Il en était resté aux années 70. Un temps, il est vrai, où il avait 50 ans.

Pour moi, de son combat, il reste un mot essentiel, peut-être le seul qui compte pour l’humanité : « complexité ». Le monde est incompréhensible. Point. Le danger mortel qui nous menace est ce qu’il nommait notre « pensée simplifiante », la raison qui croit tout dominer, la science, en particulier, lorsqu’elle est prise pour un absolu. Tout irait probablement bien mieux si nous parvenions à prendre conscience de cette « complexité ». Le miracle deviendrait possible, peut-être.