Manque d’assurance

L’intelligence artificielle est imprévisible, donc non assurable !

Les agents IA hallucinent, désobéissent, effacent des données.
Des assureurs refusent désormais de les couvrir.

AIG, Great American, W. R. Berkley. Pas des acteurs marginaux. Ils ont formellement demandé aux régulateurs américains l’autorisation d’exclure les risques liés à l’IA de leurs polices commerciales.

W. R. Berkley est allé le plus loin : une exclusion absolue couvrant “tout usage réel ou allégué” de l’IA. Pas seulement les accidents. Tout usage.

(Article.)

Il y a une décennie, ou un peu plus, Google avait annoncé la fin de l’assurance. Il est possible qu’il ait eu raison, mais pas pour les raisons qu’il avançait.

Retour en 29

J’ai longtemps lu ce qui s’écrivait aux USA. J’ai été surpris par la « nouvelle économie ». A la chute de l’URSS, de grands esprits ont dit que le capitalisme avait gagné, que le marché produisait l’optimum humain. Pour moi ce qui avait fait le succès des USA était son rouleau compresseur logistique, la science, la raison, l’oeuvre de Roosevelt. Il était ridicule que l’on puisse dire que c’était « le marché ». Et que l’on exhume des théories remontant aux Lumières (françaises !), stupides. Erreur ! ce qui compte n’est pas la raison, mais ce que le peuple croit. Vox populi !

Voici ce que j’ai appris sur l’histoire des USA, et que l’on retrouve de ci de là dans ce blog :

Le propre des USA, c’est une volonté folle de s’enrichir qui produit la spéculation. Et la spéculation se termine en crise ultra violente. Au siècle dernier, économistes et magnas parlent de « destruction créatrice » dont l’antidote est le monopole, seul capable d’encaisser les crises, non le marché. La crise de 29 produit une crise et une guerre mondiales. Devant l’échec de l’idéologie libérale, Roosevelt, pragmatique – autre trait américain, adopte la planification socialiste ou fasciste qui semble efficace. La guerre sauve le pays. Il connaît la prospérité. Peut-être que le tempérament individualiste de l’Américain lui fait donner de la tête contre les règles d’une société de la raison ? Il n’est pas fait pour un monde borné ? La situation se retourne. L’Amérique doute d’elle-même. Comme toujours dans ce cas, elle élit un président populiste et borné, qui lui dit qu’elle doit revenir aux sources. Il se lance dans une course à l’armement avec l’URSS. Elle s’effondre. Voir premier paragraphe. Retour en 29 ?

Caricature

De Gaulle passera-t-il à la postérité par la caricature ? Il a été, partout dans le monde, l’un des sujets favoris des dessinateurs de presse – métier né en Grande Bretagne. Il avait le physique de l’emploi : une grande taille, un grand nez, un uniforme, un képi.

Il me semble que la plupart de ces caricatures étaient hostiles. De Gaulle était tout ce que la France représente de haïssable pour l’étranger et pour elle-même. Y compris ses qualités. Mais cela, l’émission qui traitait de ce sujet n’en parlait pas.

Eternelle Amérique

Aurais-je raison, pour une fois ?

Trump serait un Américain normal. (Ce qui expliquerait le peu d’indignation que suscite sa politique, en dehors du fait qu’elle augmente le coût de la vie et qu’elle bouscule la bourse ?)

L’Américain est un protestant et la caractéristique du protestant est d’être « self righteous », il est convaincu qu’il suffit de croire quelque-chose pour que ce soit volonté divine ?

In @nytopinion.nytimes.com President Trump has revealed a deep malady within the country, our columnist Lydia Polgreen writes: “America’s unshakable faith in its ability to shape the world to its liking, indifferent to what others might want and supremely confident that its plan is the right one.”

The New York Times (@nytimes.com) 2026-03-27T03:40:06.243632Z

Retournement

On ne l’entend pas dire et pourtant, c’est curieux. La première victime de la guerre d’Iran est la plaque tournante même de la globalisation, les pays du Golfe et le noeud des échanges internationaux. Cela ressemble à la dialectique de Hegel, l’histoire évoluant en passant d’un régime à son opposé. Mais ce n’est pas une explication.

Je pensais que, sauf accident, la Chine finirait, comme le Japon, par se replier sur elle-même. Et si, encouragée par l’affaiblissement des USA, qui dégarnissent leurs défenses et lâchent leurs alliés les uns après les autres, elle envahissait Taiwan, et imposait sa main de fer à l’économie mondiale, nous étranglant au passage ? En tous cas nous en arrivons à un moment où rien ne va plus, et où la puissance bien organisée peut changer l’histoire du monde.

Vincent Lindon disait un jour que ses parents lui avaient donné un sentiment de sécurité qu’il avait perdu. Je me demande si cela n’est pas vrai pour l’Europe. Nous sommes restés en enfance. Contrairement à des pays comme l’Inde, la Turquie, la Russie, qui ont commencé à jouer leur propre jeu, en profitant au maximum de leur pouvoir de nuisance, nous croyons à une justice immanente. L’UE est faible et, paradoxalement, alors qu’elle se veut la patrie des bons sentiments, universellement haïe. (Seule la force est respectée ?)

Pouvons-nous retrouver un esprit de corps ? Un élan vital qui nous amène à saisir l’ordre du monde en création et à le faire basculer dans un sens qui nous soit, et peut-être lui soit, favorable ?

(Réflexions venues d’Affaires étrangères.)

Maurice Merleau-Ponty

Maurice Merleau-Ponty fut le philosophe de la « phénoménologie de la perception » et de la « non coïncidence »…

Qu’entendre par là ? Ce que nous appelons « philosophe » est un diplômé, qui a acquis une culture, un vocabulaire, qui nous est incompréhensible. C’est la raison, d’ailleurs, pour laquelle il nous fascine. Nous soupçonnons un savoir caché. C’est un avatar de Nostradamus.

Maurice Merleau-Ponty semble avoir pensé que les obsessions de la philosophie et, en particulier, des philosophes de son temps étaient erronées, et même dangereuses. La raison ne peut pas comprendre le monde. Surtout, elle est incapable de guider l’action.

Mais le philosophe est aussi un simple mortel. Maurice Merleau-Ponty a fait partie du gai Saint Germain d’après guerre. Les célébrités intellectuelles du moment se retrouvaient pour faire la fête, « se bourrer la gueule », et finissaient la nuit à coups de poing ! Voilà qui est surprenant et qui en dit long sur la censure à laquelle nous sommes soumis ?

(Emission de France culture.)

Jeux artificiels

Nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Voici un emploi de l’intelligence artificielle, pour réseaux sociaux.

Le plus simple. Réinventer un processus industriel, faire croire qu’il existe. Plus subtil : jouer sur la crainte de l’intelligence artificielle, en lui prêtant des pouvoirs maléfiques. Nouveau jeu : détecter la main invisible de l’intelligence artificielle.

L’intelligence artificielle, virus qui profiterait de la disparition du système immunitaire d’une société libérale ?

Eloquence

Qu’est-ce que l’éloquence ? Une émission de France culture. Il me semble qu’elle n’a pas traité du sujet, mais, plutôt de l’art de convaincre.

Il s’agirait, d’abord, d’amener l’interlocuteur à s’interroger, dans son for intérieur, sur la question que l’on désire traiter. Pour convaincre, il ne faudrait pas affirmer, mais, au contraire, réfléchir tout haut, avec les hésitations et les incertitudes que cela suppose. C’est, en quelque sorte, une « recherche en marche », selon l’expression du Collège de France.