Un ami me disait qu’un mur antique s’était effondré à la suite d’une réparation. Le « ciment » de l’époque avait des vertus qui n’étaient pas celles des matériaux modernes, et que l’on avait oubliées. (Par exemple, celles de pouvoir soutenir des tremblements de terre.)
Ce type de nouvelle est fréquent. On découvre, de temps à autres, que notre science n’est pas systématiquement supérieure à ce qu’elle a remplacé.
En fait, elle semble avoir une particularité : un complexe de supériorité. Elle croit pouvoir s’affranchir du passé.
La différence entre les anciens et les modernes est peut-être l’équation. L’illusion que tout peut tenir dans une formule (magique ?). J’ai l’impression que jusque-là le savoir était empirique. Il s’accumulait, et se transmettait, par une forme de compagnonnage, ou peut-être même par des réseaux sociaux professionnels.
Faudrait-il réconcilier les anciens et les modernes ?
(Je me souviens, par exemple, d’avoir lu des articles sur la construction de cathédrales, qui disaient que les constructeurs européens s’informaient les uns les autres de leurs expériences. Ils faisaient profiter immédiatement leurs travaux en cours des constats de leurs collègues.)