On a oublié ce que fut Verdun.
Apparemment tout commence par une idée d’un général allemand. Le fort de Douaumont, réputé imprenable, n’est pas défendu. Il domine Verdun. Il suffit de le prendre et d’y masser de l’artillerie. C’est le moyen de saigner l’armée française, qui va lancer ses hommes à l’assaut de canons. C’est là qu’apparaît Pétain, qui, jusqu’à la guerre n’avait pas eu une carrière bien remarquable, et allait prendre sa retraite. Il réorganise l’armée, établit des rotations, si bien que quasiment toute l’armée passe un moment à Verdun. Et reprend le fort et y masse de l’artillerie. Les Allemands se prennent au jeu, et ne se retirent pas. Ils subissent le sort qu’ils réservaient aux Français. Ils finissent par perdre la bataille. Des deux côtés les pertes sont à peu près égales, mais surtout énormes.
Pas étonnant que le Français n’ait plus voulu combattre en 40 ? Il avait « tout donné » en 14, et avait vaincu, sa victoire ne pouvait que lui avoir été volée ? Surtout, ce qui est curieux, me suis-je dit, est que cet épisode est totalement oublié aujourd’hui. Alors qu’il a longtemps marqué les consciences, et explique l’extraordinaire, aujourd’hui inconcevable, gloire de Pétain.
(Verdun, the sacred wound, BBC 4)