Je me demande si la quête de notre temps n’est pas celle de la sincérité.
Nous ne pensons-pas, nous « sommes pensés ». Nous sommes supposés trouver évident que la Terre se réchauffe, et qu’il faut ne plus émettre de carbone, que l’Intelligence artificielle doit renverser le monde, qu’il faut remplacer il par il ou elle (ou elle ou il), etc.
Du coup, comment savoir s’il y a du solide derrière ce que l’on vous dit ? Pas étonnant qu’il y ait autant de divorces ? Au fond, si l’on en croit Descartes, nous ne « sommes » pas.
Mais qu’est-ce que la sincérité ? D’abord, c’est l’envers de l’air de notre temps : le calcul. La sincérité vient du coeur.
Du coup, « heureux les simples d’esprit ». Avec tout ce que cela signifie. Il est possible que, sauf exception du « saint », de l’être qui pense spontanément juste, la sincérité naturelle ne soit pas très sophistiquée, ou se limite à des impulsions sommaires. Il est possible, donc, que la sincérité s’acquiert. Que ce soit une victoire sur l’idée reçue. La construction de convictions profondes.